La norme NF X 31-620 constitue le cadre méthodologique français de référence pour les prestations relatives aux sites et sols pollués. Elle permet de structurer les missions, de clarifier les attentes entre le donneur d’ordre et le prestataire, et de définir les livrables attendus pour chaque type d’étude.
La partie NF X 31-620-2 concerne plus particulièrement les prestations d’études, d’assistance et de contrôle dans le domaine des sites et sols pollués. Elle s’applique aux pollutions chimiques et s’inscrit dans la méthodologie nationale française de gestion des sites et sols pollués.
Pourquoi la norme SSP NF X 31-620 est-elle importante ?
Un diagnostic pollution des sols ne consiste pas uniquement à réaliser quelques sondages ou analyses. La démarche doit être cohérente, proportionnée et documentée. La norme SSP permet justement d’organiser cette démarche depuis la compréhension historique du site jusqu’à l’interprétation des résultats et aux éventuelles préconisations de gestion.
Elle apporte un cadre utile dans de nombreuses situations : vente immobilière, acquisition d’un terrain, réaménagement de friche, cessation d’activité industrielle, changement d’usage, projet de construction ou vérification d’un passif environnemental.
| Objectif de la norme | Intérêt pour le donneur d’ordre |
|---|---|
| Clarifier le contenu de la mission | Éviter les diagnostics incomplets ou trop généraux |
| Définir les prestations attendues | Comparer les offres sur une base technique réelle |
| Encadrer les investigations | Réaliser les prélèvements sur les zones pertinentes |
| Structurer les livrables | Obtenir un rapport argumenté, traçable et exploitable |
| Limiter les incertitudes | Identifier clairement les limites, contraintes et suites à donner |
Une norme volontaire, mais structurante
Comme la plupart des normes AFNOR, la norme NF X 31-620 est en principe d’application volontaire. Toutefois, lorsqu’elle est expressément mentionnée dans une offre, un contrat ou un cahier des charges, elle devient une référence contractuelle entre les parties.
Elle constitue donc un outil essentiel pour sécuriser les relations entre le donneur d’ordre, le maître d’ouvrage, l’acquéreur, le vendeur, l’aménageur ou le bureau d’études. Elle permet de savoir ce qui est réellement compris dans la prestation et ce qui ne l’est pas.
Une offre de diagnostic pollution des sols ne doit pas être appréciée uniquement sur son prix. Elle doit être analysée au regard du contenu réel de la mission : étude historique, visite du site, vulnérabilité des milieux, programme d’investigations, nombre de sondages, analyses en laboratoire, interprétation, cartographies, conclusions et préconisations.
Les deux niveaux de prestations prévus par la norme
La norme distingue les prestations globales et les prestations élémentaires. Les prestations globales correspondent à des missions complètes rencontrées fréquemment dans le domaine des sites et sols pollués. Les prestations élémentaires sont les briques techniques qui composent ces missions.
| Type de prestation | Définition | Exemples |
|---|---|---|
| Prestations globales | Missions complètes correspondant à un contexte de gestion | INFOS, DIAG, IEM, PG, SUIVI, CONT |
| Prestations élémentaires | Étapes techniques pouvant être intégrées dans une mission globale | A100, A110, A120, A130, A200, A270 |
Les principales prestations globales SSP
| Code | Prestation | Utilité |
|---|---|---|
| AMO Études | Assistance à maîtrise d’ouvrage en phase études | Conseiller le donneur d’ordre, cadrer les études, analyser les offres ou relire des rapports |
| LEVE | Levée de doute | Déterminer si un site relève ou non de la méthodologie nationale SSP |
| INFOS | Études historiques, documentaires et de vulnérabilité | Identifier les sources potentielles de pollution, les voies de transfert et les enjeux à protéger |
| DIAG | Diagnostic avec investigations | Réaliser les prélèvements, analyses et interprétations nécessaires |
| IEM | Interprétation de l’état des milieux | Vérifier la compatibilité de l’état des milieux avec les usages existants |
| PG | Plan de gestion | Définir les scénarios de gestion d’une pollution et comparer leurs coûts et avantages |
| SUIVI | Surveillance environnementale | Suivre l’évolution d’une pollution ou d’un milieu dans le temps |
| CONT | Contrôle | Contrôler la conformité d’investigations, de suivis ou de mesures de gestion |
| XPER | Expertise | Réaliser une analyse critique d’un dossier SSP existant |
| VERIF | Vérification du passif environnemental | Évaluer le passif environnemental dans le cadre d’une acquisition ou cession d’entreprise |

Les principales étapes d’un diagnostic pollution des sols selon la logique SSP
1. Visite du site et état des lieux
La visite du site permet de comprendre l’environnement réel de la mission : occupation actuelle, activités visibles, zones de stockage, accès, réseaux, bâtiments, usages voisins, éventuelles traces de pollution ou contraintes de terrain.
Cette étape est importante car elle permet d’orienter la recherche documentaire, de vérifier certaines informations et d’anticiper les contraintes techniques liées aux investigations.
2. Étude historique, documentaire et mémorielle
L’étude historique vise à reconstituer les activités passées et actuelles du site. Elle permet d’identifier les installations, pratiques ou événements susceptibles d’avoir généré une pollution : anciennes activités industrielles, stockages de produits, zones de remblais, dépôts de déchets, accidents, incendies, rejets ou fuites.
Elle peut s’appuyer sur les archives, les anciennes photographies aériennes, les bases de données publiques, les plans disponibles, les études antérieures et, lorsque cela est possible, les témoignages.
3. Étude de vulnérabilité des milieux
Une pollution éventuelle ne doit pas être analysée uniquement à l’endroit où elle est suspectée. Il faut aussi comprendre les voies de transfert possibles et les enjeux à protéger.
| Milieux ou enjeux étudiés | Exemples d’éléments à vérifier |
|---|---|
| Sols | Présence de remblais, anciennes zones de stockage, sols impactés |
| Eaux souterraines | Nappe, sens d’écoulement, captages, puits privés, usage de l’eau |
| Gaz du sol | Migration possible de composés volatils vers les bâtiments |
| Air intérieur ou extérieur | Présence de substances volatiles ou poussières atmosphériques |
| Usages sensibles | Habitations, écoles, ERP, jardins potagers, zones agricoles |
4. Élaboration du programme prévisionnel d’investigations
Avant de réaliser les sondages et prélèvements, la norme prévoit l’élaboration d’un programme prévisionnel d’investigations. Celui-ci découle du schéma conceptuel et des informations collectées lors des étapes précédentes.
Le programme d’investigations doit permettre de cibler les zones pertinentes, les milieux à analyser, les profondeurs de prélèvement, les substances recherchées, les méthodes d’échantillonnage et les contraintes de terrain. Cette étape évite une approche aléatoire ou insuffisamment justifiée.
5. Investigations de terrain, prélèvements et analyses
La prestation DIAG correspond à la mise en œuvre du programme d’investigations. Elle comprend obligatoirement des investigations sur les milieux concernés, puis l’interprétation des résultats.
| Code | Milieu investigué |
|---|---|
| A200 | Sols |
| A210 | Eaux souterraines |
| A220 | Eaux superficielles et sédiments |
| A230 | Gaz du sol |
| A240 | Air ambiant et poussières atmosphériques |
| A250 | Denrées alimentaires, y compris eau du robinet |
| A260 | Terres excavées ou à excaver |
| A270 | Interprétation des résultats des investigations |
6. Interprétation des résultats
L’interprétation des résultats est une étape essentielle. Les concentrations mesurées doivent être analysées au regard du contexte du site, des milieux étudiés, des usages actuels ou futurs, des référentiels pertinents et des incertitudes.
Le rapport doit notamment présenter les résultats, les plans de localisation, les éventuelles anomalies, les écarts au programme prévisionnel, les limites de l’étude, les supports cartographiques et les préconisations sur les suites à donner.
Différence entre INFOS, DIAG, IEM et PG
| Mission | Questions principales | Résultats attendus |
|---|---|---|
| INFOS | Le site présente-t-il des sources potentielles de pollution et des enjeux à protéger ? | Schéma conceptuel et éventuel programme prévisionnel d’investigations |
| DIAG | Les investigations confirment-elles ou non une pollution ? | Résultats analytiques, interprétation et préconisations |
| IEM | L’état des milieux est-il compatible avec les usages existants ? | Avis sur la compatibilité des milieux avec les usages constatés |
| PG | Quelles mesures de gestion mettre en œuvre ? | Scénarios de gestion, bilan coûts/avantages et objectifs de gestion |
Contenus détaillés
Que contient une prestation INFOS ?
La prestation INFOS est généralement l’un des points d’entrée majeurs d’une étude sites et sols pollués. Elle comprend notamment la visite du site, l’étude historique, documentaire et mémorielle, l’étude de vulnérabilité des milieux et, si nécessaire, l’élaboration d’un programme prévisionnel d’investigations.
Elle permet d’identifier les sources potentielles de pollution, les voies de transfert possibles et les enjeux à protéger. Elle aboutit notamment à l’élaboration d’un schéma conceptuel.
Que contient une prestation DIAG ?
La prestation DIAG comprend la mise en œuvre d’un programme d’investigations et l’interprétation des résultats. Elle peut porter sur les sols, les eaux souterraines, les eaux superficielles, les sédiments, les gaz du sol, l’air ambiant, les poussières, les denrées alimentaires ou les terres excavées.
Son objectif est de confirmer ou d’infirmer la présence d’une pollution, de caractériser les milieux investigués et de formuler des préconisations adaptées.
À quoi sert le schéma conceptuel ?
Le schéma conceptuel permet de représenter la relation entre les sources potentielles ou avérées de pollution, les voies de transfert et les enjeux à protéger. Il constitue une base de raisonnement essentielle pour définir les investigations et interpréter les résultats.
Il peut évoluer au cours de l’étude, notamment après les investigations de terrain et l’obtention des résultats analytiques.
Pourquoi une simple recherche documentaire ne suffit-elle pas toujours ?
Une recherche documentaire permet d’identifier des sources potentielles de pollution, mais elle ne confirme pas à elle seule l’état réel des sols ou des milieux. En présence d’indices, d’anciennes activités à risque ou d’incertitudes, des investigations de terrain peuvent être nécessaires.
Seuls des prélèvements et analyses adaptés permettent de confirmer ou d’infirmer la présence d’une pollution dans les milieux étudiés.
Pourquoi comparer les offres au-delà du prix ?
Deux offres de diagnostic pollution des sols peuvent présenter des prix très différents parce qu’elles ne couvrent pas le même périmètre technique. Une offre limitée peut paraître attractive, mais elle peut aussi générer davantage d’incertitudes : absence d’étude historique approfondie, nombre insuffisant de sondages, absence d’analyse de vulnérabilité, cartographie limitée ou interprétation trop succincte.
Dans le cadre d’une vente immobilière, d’un projet d’aménagement ou d’une acquisition portant sur plusieurs centaines de milliers d’euros, voire davantage, une mission plus complète peut permettre de sécuriser la décision et de réduire le risque de vice caché, de pollution non identifiée ou de mauvaise estimation du passif environnemental.
Le coût d’une étude doit être apprécié au regard des enjeux : valeur du bien, usage futur, historique du site, risques sanitaires ou environnementaux, responsabilité du vendeur ou de l’acquéreur, contraintes de réhabilitation et sécurité juridique de la transaction.
Les livrables attendus dans une mission sérieuse
Une mission structurée selon la logique SSP doit produire un rapport exploitable, argumenté et traçable. Les livrables attendus varient selon la prestation, mais ils peuvent notamment comprendre :
| Livrable | Utilité |
|---|---|
| Résumé technique et non technique | Comprendre rapidement les conclusions de l’étude |
| Analyse historique et documentaire | Identifier les activités et zones potentiellement polluantes |
| Étude de vulnérabilité | Identifier les milieux sensibles et les voies de transfert |
| Schéma conceptuel | Relier sources, transferts et enjeux |
| Programme prévisionnel d’investigations | Justifier les sondages, prélèvements et analyses prévus |
| Fiches de terrain et photographies | Assurer la traçabilité des observations et prélèvements |
| Bulletins d’analyses | Présenter les résultats du laboratoire |
| Cartographies et plans | Localiser les investigations, anomalies et zones sensibles |
| Conclusions et préconisations | Définir les suites éventuelles à donner |
Conclusion
La norme SSP NF X 31-620 ne doit pas être perçue comme une simple référence administrative. Elle constitue un cadre méthodologique permettant de fiabiliser les diagnostics pollution des sols, de clarifier les missions et de produire des rapports techniquement exploitables.
Dans le cadre d’une vente, d’une acquisition, d’un changement d’usage ou d’un projet d’aménagement, cette méthodologie permet de mieux identifier les incertitudes environnementales, de caractériser les risques et de sécuriser les décisions du donneur d’ordre.
Un diagnostic pollution des sols fiable repose sur une démarche complète : historique du site, étude de vulnérabilité, programme d’investigations, prélèvements adaptés, analyses en laboratoire, interprétation des résultats et préconisations. C’est cette chaîne méthodologique qui permet de réduire les incertitudes et de sécuriser un projet immobilier ou environnemental.
Bibliographie et ressources externes
Les liens suivants correspondent aux ressources méthodologiques et bases de données mentionnées dans la bibliographie de la norme NF X 31-620-2.




