Quelles sont les pollutions des sols rencontrées sur les friches industrielles ?
Les friches industrielles sont des sites anciennement occupés par des activités industrielles, artisanales, logistiques ou de stockage, aujourd’hui désaffectés ou sous-utilisés. Elles présentent souvent des risques de pollution des sols liés aux anciennes installations, aux déchets abandonnés, aux cuves, aux stockages, aux ateliers, aux remblais ou aux rejets historiques.
Qu’est-ce qu’une friche industrielle ?
Une friche industrielle est un ancien site d’activité abandonné, désaffecté ou inutilisé. Elle peut être constituée d’un terrain seul, d’un bâtiment abandonné, d’un ancien atelier, d’une usine, d’un dépôt, d’un garage, d’une station-service, d’un site de stockage ou d’un ensemble immobilier industriel plus vaste.
Le terme « friche » ne désigne pas uniquement un terrain envahi par la végétation. Une friche industrielle peut être entièrement bétonnée, bituminée, bâtie, encombrée de déchets ou partiellement démolie.
Le risque environnemental dépend surtout de l’activité passée, des produits utilisés, des installations présentes, des déchets laissés sur place et des éventuelles pollutions historiques.
Pourquoi les friches industrielles sont-elles souvent polluées ?
Par le passé, les obligations environnementales étaient moins développées qu’aujourd’hui. Certaines industries ont cessé leur activité sans remise en état complète du site, sans retrait des cuves, sans évacuation des déchets ou sans vérification de l’état des sols.
Des friches industrielles se sont également constituées après la liquidation d’entreprises. Dans ce cas, il peut être difficile d’obtenir une dépollution lorsque la société a disparu, que les fonds sont insuffisants ou que le responsable solvable n’est plus identifiable.
Aujourd’hui, la responsabilité liée aux pollutions des sols et des eaux peut être recherchée selon les situations, notamment lorsque l’origine de la pollution, l’ancien exploitant ou les conditions d’exploitation peuvent être établis.

Déchets abandonnés sur les friches industrielles
Les déchets sont l’une des premières sources de pollution visibles sur les friches industrielles. Ils peuvent être dispersés dans les bâtiments, stockés dans les cours, enfouis dans les sols, présents dans des fosses, entreposés sous appentis ou abandonnés dans des containers.
Certains déchets sont des déchets industriels banals, mais d’autres nécessitent des filières spécifiques : hydrocarbures, huiles usagées, solvants, peintures, batteries, pneus, déchets amiantés, filtres, boues, fûts, bidons, produits chimiques, liquides non identifiés ou récipients souillés.
Les déchets non assimilables à des déchets industriels banals peuvent générer des coûts importants d’évacuation, de tri, de caractérisation et de traitement.
Polluants fréquemment retrouvés sur les friches industrielles
Les analyses de sols réalisées sur les friches industrielles mettent fréquemment en évidence des hydrocarbures, huiles, carburants, mazout, solvants, métaux lourds, HAP, BTEX, COV, PCB ou autres substances liées aux anciennes activités du site.
Les métaux lourds les plus couramment recherchés sont notamment le plomb, le zinc, l’arsenic, le cuivre, le chrome, le nickel, le cadmium ou le mercure.
Les hydrocarbures peuvent provenir d’anciennes cuves, d’ateliers mécaniques, de zones de dépotage, de fuites de véhicules, de fosses, de stockages d’huiles ou de sols souillés par des activités anciennes.
Cuves, fosses, réseaux et anciennes installations
Les anciennes installations constituent des sources majeures de pollution potentielle sur une friche industrielle. Il peut s’agir de cuves enterrées, cuves aériennes, canalisations, évents, fosses d’entretien mécanique, caniveaux, séparateurs hydrocarbures, réseaux d’eaux pluviales, réseaux d’eaux usées ou bassins de rétention.
Une cuve non vidangée, non dégazée, non neutralisée ou non retirée peut générer une pollution plusieurs années après l’arrêt de l’activité. Les canalisations associées peuvent également contenir des résidus ou présenter d’anciennes fuites.
Lors d’un diagnostic pollution des sols, ces installations doivent être recherchées, localisées et prises en compte pour définir l’implantation des sondages.
Remblais et terres suspectes
Les friches industrielles comportent souvent des remblais hétérogènes. Ces remblais peuvent contenir des gravats, mâchefers, scories, déchets de démolition, fragments métalliques, briques, cendres, plastiques, matériaux amiantés ou terres provenant d’origines inconnues.
Les remblais peuvent être pollués même lorsque l’activité principale du site ne semble pas particulièrement dangereuse. Leur origine et leur composition sont parfois mal documentées.
Lors d’un projet immobilier ou d’un terrassement, ces remblais peuvent entraîner des coûts importants de gestion des terres excavées.
Pollutions visibles et pollutions invisibles
Certaines pollutions de friches industrielles sont visibles : sols noirâtres, irisations, odeurs d’hydrocarbures, déchets, fûts, pneus, batteries, cuves, dépôts de produits, ruissellements, traces d’huiles ou végétation anormalement absente.
D’autres pollutions sont invisibles. Elles peuvent être situées sous une dalle béton, sous une ancienne machine, au droit d’une cuve enterrée, dans les remblais, dans les gaz du sol ou en profondeur dans les terrains naturels.
L’absence de trace visible ne suffit donc pas à conclure à l’absence de pollution.
Diagnostic pollution des sols sur une friche industrielle
Le diagnostic pollution des sols constitue la première étape pour savoir si une friche industrielle est polluée ou non. Il permet d’étudier l’historique du site, les anciennes activités, les installations présentes, les zones à risque et les polluants susceptibles d’être recherchés.
La mission peut comprendre une phase documentaire, une visite du site, l’identification des sources potentielles de pollution, des sondages, des prélèvements de sols et des analyses en laboratoire.
Les résultats permettent de déterminer si le site est compatible avec son usage futur ou si des investigations complémentaires, mesures de gestion ou travaux de dépollution doivent être envisagés.
Réhabilitation des friches industrielles
Les friches industrielles représentent un enjeu important pour les collectivités et les porteurs de projets. Leur réhabilitation permet de limiter l’artificialisation de nouveaux terrains, de recycler du foncier déjà urbanisé et de redonner un usage à des sites abandonnés.
Cependant, la reconversion d’une friche impose souvent de traiter les contraintes environnementales : déchets, terres polluées, cuves, bâtiments dégradés, amiante, réseaux, eaux souterraines, gaz du sol ou incompatibilité avec l’usage futur.
Les collectivités peuvent, selon les dispositifs disponibles et le contexte du projet, rechercher des aides ou accompagnements pour la réhabilitation de ces sites encore nombreux.
Friche industrielle et changement d’usage
Le changement d’usage d’une friche industrielle est une situation sensible. Un terrain ayant accueilli des activités industrielles peut être compatible avec un usage professionnel, mais nécessiter des mesures particulières pour un usage résidentiel, scolaire, tertiaire ou recevant du public.
La compatibilité dépend de la nature des polluants, de leur profondeur, des voies de transfert, de la présence de bâtiments, des usages prévus et des populations exposées.
Le diagnostic pollution des sols permet d’anticiper ces enjeux avant permis de construire, achat, vente, division foncière ou aménagement.
Gestion des terres excavées lors des travaux
Lorsqu’une friche industrielle fait l’objet de travaux, les terrassements peuvent révéler des terres polluées. Ces terres ne peuvent pas toujours être réutilisées librement ou évacuées comme des terres ordinaires.
Des analyses peuvent être nécessaires pour déterminer leur filière d’acceptation : réemploi sur site, évacuation en installation de stockage de déchets inertes, filière spécifique ou traitement adapté.
Un diagnostic réalisé avant les travaux permet d’anticiper ces contraintes et d’éviter les blocages de chantier.
Pollution des sols sur friches industrielles
Un bâtiment abandonné peut-il constituer une friche industrielle ?
Oui. Un bâtiment seul abandonné peut constituer une friche industrielle lorsqu’il a accueilli une activité industrielle, artisanale, mécanique, chimique, logistique ou de stockage.
Même si le bâtiment semble vide, des pollutions peuvent subsister sous les dalles, dans les fosses, les réseaux, les anciens locaux techniques, les zones de stockage, les remblais ou les cours extérieures.
Les anciens ateliers désaffectés doivent donc être examinés avec attention avant vente, démolition, réhabilitation ou changement d’usage.
Exemple de friche industrielle diagnostiquée
Ci-dessous, vous pouvez consulter des photos d’un ancien bâtiment atelier désaffecté, correspondant à une friche industrielle ayant fait l’objet d’un diagnostic pollution des sols par notre cabinet.
Diagnostic pollution des sols avant acquisition ou réhabilitation d’une friche
Avant d’acheter, vendre, transformer ou réhabiliter une friche industrielle, il est recommandé de réaliser un diagnostic pollution des sols. Cette étude permet de sécuriser le projet et d’éviter la découverte tardive de pollutions pendant les travaux.
Elle permet également d’anticiper les coûts liés à la dépollution, à la gestion des terres excavées, au retrait des cuves, au tri des déchets, à la démolition, au confinement ou à l’adaptation du projet.
ALCOR réalise des diagnostics pollution des sols pour les friches industrielles, anciens ateliers, garages, terrains à reconvertir, sites désaffectés, bâtiments abandonnés et projets de réhabilitation.

















