L’analyse de sol en laboratoire permet de rechercher et de quantifier les substances susceptibles d’être présentes dans un terrain à la suite d’activités industrielles, artisanales, agricoles ou urbaines. Elle constitue une étape essentielle du diagnostic de pollution des sols lorsqu’une étude historique, une visite de site ou des indices visibles font apparaître des zones à présomption de pollution.
Les analyses sont réalisées sur des échantillons prélevés lors de sondages de sols. Le programme analytique doit être adapté à l’historique du site, aux produits utilisés, aux installations présentes et aux anciennes activités identifiées. Il n’est donc pas pertinent de rechercher systématiquement tous les polluants existants sur chaque terrain.
À retenir : une analyse de sol en laboratoire ne se limite pas à envoyer un prélèvement au laboratoire. La fiabilité du résultat dépend également du choix des zones de sondage, de la profondeur des prélèvements, du conditionnement des échantillons et de l’interprétation des concentrations mesurées.
🧪 Qu’est-ce qu’une analyse de sol en laboratoire ?
Une analyse de sol consiste à mesurer la concentration de substances chimiques dans un échantillon représentatif d’une couche de terrain. Les résultats sont généralement exprimés en milligrammes de substance par kilogramme de matière sèche, soit mg/kg MS.
Le laboratoire prépare l’échantillon, réalise les extractions nécessaires puis utilise des méthodes analytiques adaptées à chaque famille de polluants. Les métaux, les hydrocarbures et les hydrocarbures aromatiques polycycliques ne sont pas analysés selon les mêmes procédés.
L’objectif est de déterminer si les sols présentent des anomalies compatibles avec les activités actuelles ou anciennes du site. Les résultats peuvent également servir à orienter des investigations complémentaires, à définir les conditions de gestion des terres excavées ou à évaluer la compatibilité du terrain avec son usage actuel ou futur.
🔎 Pourquoi rechercher une pollution dans les sols ?
Les analyses de laboratoire peuvent être réalisées dans de nombreuses situations :
- vente ou acquisition d’un ancien site industriel ;
- projet immobilier ou changement d’usage ;
- cessation d’une activité industrielle ou artisanale ;
- présence d’anciennes cuves enterrées ;
- stockage historique d’huiles, de carburants ou de produits chimiques ;
- traces de ruissellement ou taches visibles sur les sols ;
- présence de remblais de nature inconnue ;
- demande d’un notaire, d’un acquéreur ou d’une administration.
La présence d’une substance dans un sol ne signifie pas automatiquement qu’un risque sanitaire ou environnemental existe. L’interprétation doit prendre en compte la concentration, la profondeur, la nature du terrain, les voies de transfert possibles, l’usage du site et la présence de personnes susceptibles d’être exposées.
🏭 Comment choisir les polluants à analyser ?
Le programme analytique est généralement défini après une étude documentaire et historique du site. Les anciennes photographies aériennes, les plans, les archives, les activités exercées et les produits utilisés permettent d’identifier les substances susceptibles d’avoir été rejetées.
Par exemple, un ancien garage automobile peut justifier la recherche d’hydrocarbures, de métaux et parfois de solvants. Une ancienne fonderie peut nécessiter une recherche approfondie de métaux et d’hydrocarbures aromatiques polycycliques. Un ancien dépôt de carburants conduit généralement à rechercher les hydrocarbures dans plusieurs fractions.
Principe essentiel : les analyses doivent répondre à des hypothèses de pollution établies avant les sondages. Un programme analytique trop limité peut laisser passer une pollution, tandis qu’un programme trop large peut augmenter inutilement le coût de l’étude sans améliorer son interprétation.
⛏️ Prélèvement, conditionnement et envoi au laboratoire
Les échantillons sont prélevés au cours de sondages réalisés dans les zones présentant une présomption de pollution. Plusieurs profondeurs peuvent être investiguées afin de distinguer les sols superficiels, les remblais et les terrains naturels sous-jacents.
Chaque prélèvement doit être identifié avec précision : numéro du sondage, profondeur, nature du sol, date de prélèvement et observations éventuelles. Les échantillons sont ensuite placés dans des contenants adaptés aux substances recherchées.
Pour certains composés volatils, le prélèvement nécessite des précautions particulières afin de limiter les pertes par évaporation. Les échantillons sont conservés et transportés dans des conditions adaptées jusqu’au laboratoire. Une traçabilité complète permet de relier chaque résultat analytique à son emplacement exact sur le site.
⚙️ Matière sèche et minéralisation à l’eau régale
La matière sèche n’est pas un polluant. Elle correspond à la proportion de l’échantillon restant après élimination de l’eau. Cette mesure permet d’exprimer les concentrations sur une base comparable, généralement en mg/kg de matière sèche.
La minéralisation à l’eau régale n’est pas non plus une substance recherchée. Il s’agit d’une méthode de préparation utilisée avant l’analyse de plusieurs métaux. L’échantillon est soumis à un mélange acide permettant d’extraire une grande partie des éléments métalliques présents.
Cette préparation permet ensuite au laboratoire de quantifier les métaux recherchés. Les résultats correspondent généralement à une teneur extractible ou pseudo-totale, car certains éléments peuvent rester enfermés dans la structure minérale du sol.
🧱 Recherche des métaux dans les sols
Les métaux peuvent être naturellement présents dans les terrains, mais leurs concentrations peuvent également être augmentées par les activités humaines. Les analyses portent couramment sur :
- le cuivre (Cu), utilisé dans les câbles, les alliages et certaines activités industrielles ;
- le mercure (Hg), historiquement employé dans différents équipements et procédés ;
- le plomb (Pb), associé notamment aux peintures, carburants anciens, batteries et activités métallurgiques ;
- le cadmium (Cd), pouvant être présent dans les batteries, pigments et traitements métalliques ;
- le chrome (Cr), utilisé dans les alliages et traitements de surface ;
- le zinc (Zn), fréquent dans les revêtements galvanisés et certaines activités industrielles ;
- le nickel (Ni), associé aux alliages métalliques et aux traitements de surface ;
- l’arsenic (As), pouvant provenir de certaines activités industrielles, de produits anciens ou du fond géochimique naturel.
L’interprétation des métaux doit toujours tenir compte du contexte géologique local. Une concentration supérieure à celle d’un autre terrain n’est pas nécessairement liée à une pollution industrielle si le sous-sol présente naturellement des teneurs élevées.
🛢️ Analyse des hydrocarbures totaux C10-C40
La recherche des hydrocarbures totaux C10-C40 est courante sur les sites ayant accueilli des carburants, des huiles, des cuves, des ateliers mécaniques, des engins ou des zones de stockage.
Le résultat global C10-C40 peut être complété par une répartition en différentes fractions :
- C10-C12 ;
- C12-C16 ;
- C16-C20 ;
- C20-C24 ;
- C24-C28 ;
- C28-C32 ;
- C32-C36 ;
- C36-C40.
Cette séparation aide à caractériser la nature du produit présent. Les fractions les plus légères peuvent être associées à des hydrocarbures plus mobiles ou plus volatils, tandis que les fractions lourdes correspondent davantage à des huiles, graisses ou produits anciens et dégradés.
Attention : une concentration globale en hydrocarbures ne permet pas toujours d’identifier précisément le produit à l’origine de l’anomalie. La répartition par fractions, les observations de terrain et l’historique du site doivent être examinés ensemble.
🔥 Recherche des hydrocarbures aromatiques polycycliques
Les hydrocarbures aromatiques polycycliques, ou HAP, sont principalement produits lors de combustions incomplètes. Ils peuvent être rencontrés sur d’anciens sites industriels, des usines à gaz, des cokeries, des fonderies, des zones de brûlage ou dans certains remblais contenant des cendres, mâchefers ou résidus bitumineux.
Les principaux HAP recherchés comprennent notamment :
- naphtalène ;
- acénaphtylène et acénaphtène ;
- fluorène ;
- phénanthrène et anthracène ;
- fluoranthène et pyrène ;
- benzo(a)anthracène et chrysène ;
- benzo(b)fluoranthène et benzo(k)fluoranthène ;
- benzo(a)pyrène ;
- indéno(1,2,3-cd)pyrène ;
- dibenzo(a,h)anthracène ;
- benzo(g,h,i)pérylène.
Le laboratoire peut également calculer différentes sommes de HAP, comme la somme des HAP EPA, les 6 HAP de Borneff ou la somme HAP VROM. Ces regroupements facilitent l’interprétation et la comparaison des résultats selon les objectifs de l’étude.
📊 Comment interpréter les résultats du laboratoire ?
Le rapport d’analyse présente les concentrations mesurées, les unités, les méthodes utilisées et les limites de quantification. Ces données doivent ensuite être replacées sur le plan du site et comparées aux caractéristiques de chaque sondage.
L’interprétation tient notamment compte :
- de la localisation et de la profondeur de l’échantillon ;
- de la nature du terrain ou des remblais ;
- des activités exercées à proximité ;
- des concentrations mesurées dans les autres sondages ;
- de la mobilité et de la toxicité des substances ;
- de l’usage actuel ou futur du site ;
- des risques de contact, d’inhalation ou de transfert vers les eaux.
Une valeur analytique isolée ne suffit donc pas à conclure. Le diagnostic doit établir un lien entre les sources potentielles, les milieux susceptibles d’être affectés et les personnes ou ressources pouvant être exposées.
⚠️ Quelles sont les limites d’une analyse de sol ?
Une analyse ne représente que l’échantillon prélevé et la zone investiguée. Une pollution localisée peut ne pas être détectée si les sondages sont trop peu nombreux ou mal positionnés. À l’inverse, un résultat élevé dans un remblai ponctuel ne signifie pas nécessairement que l’ensemble du terrain est contaminé.
La qualité du diagnostic dépend donc du nombre de sondages, de leur implantation et de la connaissance de l’historique du site. Lorsque des anomalies sont détectées, des investigations complémentaires peuvent être nécessaires pour délimiter la pollution verticalement et horizontalement.
✅ Analyse de sol en laboratoire et diagnostic de pollution
L’analyse de sol en laboratoire constitue un outil indispensable pour confirmer ou écarter les présomptions issues de l’étude historique et de la visite du site. Elle permet de rechercher les métaux, les hydrocarbures C10-C40, les différentes fractions d’hydrocarbures et les HAP susceptibles d’être associés aux activités anciennes ou actuelles.
ALCOR réalise des diagnostics de pollution des sols sur toute la France, comprenant l’étude documentaire, la visite du site, la localisation des zones à risque, les sondages, les prélèvements, les analyses en laboratoire et l’interprétation des résultats.
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