Sites et sols pollués : environnements, milieux et risques sanitaires
Un site pollué est un site qui, du fait d’anciens dépôts de déchets, d’infiltrations de substances polluantes ou d’activités passées, présente une pollution susceptible de provoquer une nuisance ou un risque pour les personnes, les biens, les eaux, les sols ou l’environnement.
Quels types de pollution rencontre-t-on sur un site pollué ?
On distingue généralement plusieurs mécanismes de pollution des sols : les pollutions accidentelles, les pollutions chroniques, les pollutions localisées et les pollutions diffuses.
Ces pollutions peuvent résulter d’anciennes activités industrielles, artisanales, agricoles ou commerciales, mais aussi de stockages mal maîtrisés, de rejets, de dépôts de déchets, d’infiltrations ou de retombées atmosphériques accumulées au fil du temps.
Principales origines des pollutions de site
Les pollutions rencontrées sur les sites et sols pollués proviennent fréquemment d’anciennes décharges, de dépôts de résidus miniers, de résidus d’incinération, de produits chimiques abandonnés ou de remblais contenant des matériaux pollués.
Elles peuvent également être liées à des infiltrations ou déversements de substances polluantes, notamment des hydrocarbures, solvants, huiles, carburants, produits de traitement, peintures ou déchets industriels.
Certaines pollutions résultent enfin de retombées de poussières, notamment métalliques, consécutives à des rejets atmosphériques accumulés sur de longues périodes.
Des pratiques anciennes différentes des exigences actuelles
De nombreuses situations de pollution sont liées à des pratiques anciennes d’élimination des déchets, de stockage de produits, de gestion des eaux ou d’exploitation industrielle qui ne correspondent plus aux exigences actuelles.
Les conditions de management environnemental, de prévention des risques, de suivi des installations et de gestion des déchets ont fortement évolué. Toutefois, les pollutions héritées d’activités anciennes peuvent demeurer dans les sols, les remblais, les eaux souterraines ou les ouvrages enterrés.
Effets potentiels des sites pollués sur la santé
Au regard de plus de deux siècles d’activité industrielle, la prise de conscience des risques liés à la pollution des sols est relativement récente. Le recensement des sites et sols pollués a permis d’identifier les substances nocives les plus fréquemment rencontrées.
Les polluants des sites sont principalement de nature chimique. Certains peuvent présenter des effets toxiques, cancérogènes, mutagènes, reprotoxiques ou provoquer des troubles chroniques selon les concentrations, les voies d’exposition et les usages du site.
Métaux lourds et métalloïdes
Certains métaux lourds et métalloïdes sont connus pour leurs effets sanitaires. Le plomb peut notamment présenter un pouvoir neurotoxique, tandis que l’arsenic, le chrome VI ou le cadmium peuvent être préoccupants en raison de leurs effets toxiques ou cancérogènes par ingestion, inhalation ou contact avec des milieux contaminés.
Hydrocarbures, benzène et HAP
Certains hydrocarbures, en particulier le benzène et les hydrocarbures aromatiques polycycliques, appelés HAP, sont reconnus pour leurs effets préoccupants sur la santé.
Les HAP sont notamment associés aux anciennes combustions, aux goudrons, aux produits pétroliers, aux activités industrielles, aux ateliers, aux dépôts et à certains remblais pollués.
Solvants halogénés et produits de dégradation
De nombreux solvants halogénés, ainsi que leurs produits de dégradation, sont reconnus comme substances toxiques, nocives ou parfois cancérogènes.
Des substances comme le trichloroéthylène ou le chlorure de vinyle peuvent être associées à des troubles neurologiques, cutanés, muqueux, hépato-rénaux, cardio-respiratoires ou digestifs selon les conditions d’exposition.
Nature des polluants rencontrés sur les sites pollués
Expositions aux polluants et risques effectifs
L’exposition à une pollution des sols peut être directe, notamment par ingestion de terre, contact cutané ou inhalation de poussières. Elle peut également être indirecte, par les eaux souterraines, les eaux superficielles, les transferts vers les produits alimentaires ou les émissions de vapeurs.
Les personnes concernées sont principalement celles qui vivent, travaillent, construisent, jardinent ou interviennent sur un site pollué ou à proximité immédiate.
Voies de transfert des polluants
Les polluants peuvent migrer dans les sols, être entraînés par les eaux, être remis en suspension sous forme de poussières, se volatiliser sous forme de gaz ou être absorbés par des végétaux.
Ces voies de transfert dépendent de la nature du polluant, du type de sol, de la présence d’eau souterraine, de la profondeur de la pollution, des aménagements présents et de l’usage du site.
Évaluation des expositions
L’estimation des expositions peut faire appel à la modélisation des transferts et à la mesure effective des polluants dans les milieux concernés.
Ces approches présentent des incertitudes : représentativité des prélèvements, variabilité temporelle et spatiale des concentrations, choix des paramètres d’entrée des modèles, nature des usages et imputabilité des teneurs mesurées.
C’est pourquoi l’interprétation d’un diagnostic pollution des sols doit toujours être adaptée au contexte précis du site et aux objectifs du projet.
Effets sanitaires et lien de causalité
Les cas d’effets sur la santé imputables sans ambiguïté à une pollution des sols sont souvent difficiles à établir, notamment lorsque plusieurs sources d’exposition peuvent exister simultanément.
Des situations de plombémies élevées ont pu être observées, mais il peut être complexe de distinguer la part attribuable à un site pollué, aux émissions actuelles d’une activité, au bruit de fond local ou à un contexte géochimique naturellement élevé.
Sites et sols pollués : actions et gestion au niveau européen
Depuis la fin des années 1990, des travaux européens ont visé à mieux harmoniser les indicateurs relatifs à la qualité des sols, aux sites contaminés, aux coûts de réhabilitation et à la localisation des pollutions identifiées.
Ces démarches ont contribué à renforcer la connaissance des sites pollués, même si les définitions, seuils et critères opérationnels peuvent varier selon les pays et les méthodologies retenues.
Classification des sites selon leur niveau d’impact
Niveau 0 : sites ne présentant pas d’effet identifié pour la santé humaine ou l’environnement.
Niveau 1 : sites présentant des niveaux de contamination considérés comme tolérables et ne posant pas de risques significatifs pour la santé humaine ou l’environnement.
Niveau 2 : sites ne présentant pas de risque pour la santé humaine ou l’environnement tant que leur usage ne devient pas plus sensible.
Niveau 3 : sites présentant des effets significatifs pour la santé ou l’environnement.
Absence d’un consensus opérationnel unique
Il n’existe pas toujours de consensus unique sur les critères permettant de classer un sol comme sans impact, faiblement impacté ou significativement impacté.
L’appréciation d’une pollution dépend du contexte, de l’usage du site, des milieux concernés, des concentrations mesurées, des voies d’exposition et des objectifs de gestion.
Sites pollués, friches et besoins en terrains
De nombreux sites ont accueilli par le passé des activités industrielles ou de services pouvant être à l’origine d’une pollution des sols. La pression foncière autour des agglomérations conduit régulièrement à réexaminer ces terrains pour des projets de construction, d’aménagement ou de reconversion.
La gestion de ces sites nécessite une approche progressive : étude historique, diagnostic, investigations de terrain, évaluation des risques, choix des mesures de gestion et adaptation du projet aux contraintes environnementales.
Dans quels cas réaliser des investigations ?
Des investigations peuvent être engagées lors de la découverte d’un site suspect, de l’identification d’un risque pour la santé humaine ou l’environnement, ou dans le cadre d’un projet immobilier.
Elles peuvent également être nécessaires lors de la fin d’exploitation d’une installation classée, à la suite d’un accident technologique, avant une cession, un changement d’usage ou une reconversion d’ancien site industriel.
Les résultats permettent de déterminer si des mesures de dépollution, de confinement, de surveillance ou d’adaptation du projet sont nécessaires.
Gestion d’un site pollué
La gestion d’un site pollué se fait au cas par cas. Elle dépend de l’usage actuel, de l’usage futur, des délais, des moyens financiers, des demandes des parties prenantes, des contraintes réglementaires et des résultats du diagnostic.
La démarche est itérative : caractérisation du site, investigations de terrain, comparaison des résultats, évaluation des risques, définition des mesures de gestion, dépollution éventuelle, confinement ou adaptation du projet.
Au-delà du traitement des pollutions passées, l’accent est également mis sur la prévention des pollutions nouvelles, notamment par la réglementation applicable aux ICPE, la gestion des déchets, la sécurisation des stockages et la maîtrise des manipulations de produits dangereux.
Bases de données BASIAS, BASOL et informations publiques
Les bases historiques BASIAS et BASOL ont longtemps constitué des sources importantes d’information pour identifier les anciens sites industriels, activités de service et sites pollués ou potentiellement pollués.
BASIAS correspondait à la base des anciens sites industriels et activités de service. Elle recensait les sites anciens ou actuels ayant accueilli des activités potentiellement polluantes.
BASOL recensait les sites et sols pollués appelant une action des pouvoirs publics. Ces informations sont aujourd’hui consultées dans le cadre des recherches documentaires via les bases publiques et outils environnementaux disponibles.
Intérêt des bases documentaires dans un diagnostic pollution des sols
La consultation des bases documentaires permet d’identifier les activités anciennes, les sites industriels proches, les sources potentielles de pollution, les installations classées, les anciens dépôts, les ateliers, les garages, les stations-service ou les friches.
Ces données ne suffisent pas toujours à conclure sur l’état réel d’un terrain, mais elles constituent une étape essentielle de la phase documentaire d’un diagnostic pollution des sols.
Diagnostic pollution des sols et évaluation des risques
Un diagnostic pollution des sols permet de mieux comprendre les sources potentielles de pollution, les polluants susceptibles d’être présents, les voies de transfert et les risques associés aux usages du site.
Selon les résultats, il peut conduire à des recommandations d’investigations complémentaires, d’analyses en laboratoire, de mesures de gestion, de dépollution, de confinement ou de surveillance.
ALCOR réalise des diagnostics pollution des sols, études documentaires, visites de site, investigations de terrain, sondages et analyses de sols pour les sites industriels, friches, anciens ateliers, garages, terrains à bâtir, projets immobiliers et sites présentant un risque environnemental.








