La réalisation d’un diagnostic pollution des sols avant l’implantation d’un parc photovoltaïque permet de vérifier la compatibilité environnementale d’un ancien site industriel, militaire ou en friche avec un futur usage de centrale solaire, notamment lorsque le terrain présente des vestiges de bâtiments, des remblais, des déchets, d’anciennes zones de stockage ou des indices possibles de pollution.
Diagnostic pollution des sols pour un projet de parc photovoltaïque
Avant la création d’un parc de panneaux solaires, il peut être nécessaire de réaliser un diagnostic pollution des sols afin d’identifier les risques environnementaux liés à l’historique du terrain. Cette démarche est particulièrement importante lorsque le site a accueilli une activité industrielle, militaire, artisanale, de stockage ou toute autre occupation susceptible d’avoir généré une pollution.
Dans le cas présenté, les terrains concernés correspondaient à d’anciens sites militaires en friche, comportant des vestiges de bâtiments, anciennes fondations, dalles béton, gravats, déchets divers, zones de stockage supposées et éléments pouvant laisser suspecter la présence d’hydrocarbures ou d’autres polluants.
Le diagnostic pollution des sols permet alors de vérifier si l’état du terrain est compatible avec l’implantation d’une centrale photovoltaïque, d’anticiper les éventuelles contraintes de terrassement et de déterminer si des mesures particulières doivent être prises avant les travaux.
Premier site : ancien terrain militaire en friche
Le premier site correspondait à un ancien terrain militaire, utilisé par le passé comme camp d’artillerie. Le terrain était en friche et comportait de nombreux vestiges d’anciennes installations : fondations, dalles béton, ancien château d’eau, voies d’accès dégradées et restes de bâtiments démolis.
Les voies d’accès bituminées étaient fortement dégradées et partiellement obstruées par des blocs de béton. Le site présentait également des dalles anciennes, gravats, briques, plots béton, tôles, ferraillages et autres éléments liés aux anciennes constructions.
Ces éléments ont nécessité une analyse attentive, car les anciens sites militaires peuvent présenter des sources potentielles de pollution liées aux carburants, hydrocarbures, déchets, remblais, zones de stockage, anciennes canalisations ou installations techniques abandonnées.
Constats réalisés sur le premier site
Lors de la visite du site, plusieurs éléments ont été relevés :
- présence d’anciennes fondations et dalles béton ;
- gravats, briques, plots béton, tôles et ferraillages ;
- déchets divers, dont récipients PVC ;
- présence d’un fût pouvant avoir contenu des hydrocarbures, éventré sur site ;
- présence de goudron et de traverses de chemin de fer ;
- gravats et déchets brûlés en partie Nord du site ;
- monticules de terres, graviers et matériaux divers ;
- ancienne fosse béton contenant des eaux en partie Sud ;
- absence d’accès à l’intérieur du château d’eau, l’entrée étant condamnée par des terres et de la végétation.
Ces observations montrent l’importance d’une reconnaissance de terrain avant toute implantation de panneaux solaires, car les indices visibles peuvent orienter la recherche des polluants potentiels et le positionnement des sondages de sols.
Zone supposée de stockage d’hydrocarbures
Au Sud-Est du château d’eau, des plots béton ont été observés. Leur configuration laissait supposer qu’ils avaient pu supporter une ancienne cuve d’hydrocarbures ou de carburant.
Cette zone correspondait également à l’emplacement supposé d’une ancienne aire de stockage d’hydrocarbures, de carburant ou de lavage de véhicules, d’après l’historique du site. Elle constituait donc une zone prioritaire pour la recherche de pollution des sols.
Les pollutions aux hydrocarbures peuvent être localisées, mais aussi migrer en profondeur selon la perméabilité des terrains, les pentes, les réseaux ou les anciennes fosses. Leur identification nécessite généralement des sondages ciblés et des analyses en laboratoire.
Limites d’observation sur un terrain en friche
Certaines parties du site n’étaient pas entièrement visibles en raison de la friche, de la végétation, des monticules de gravats, de goudron ou de matériaux divers. Ces zones n’ont donc pas pu faire l’objet d’un constat visuel précis.
Cette situation est fréquente sur les anciennes friches industrielles ou militaires. Un terrain peut présenter des pollutions non visibles en surface, notamment sous des remblais, dalles, fondations, zones végétalisées ou matériaux rapportés.
La partie Nord-Est du site était clôturée par une barrière électrique et occupée par un abri et des chevaux, ce qui constituait également une contrainte d’accès à prendre en compte dans l’organisation de la mission.

Deuxième site : ancien terrain militaire avec bâtiments en ruine
Le deuxième site correspondait également à un ancien terrain militaire. La parcelle était clôturée et comportait trois bâtiments principaux en ruine, ainsi que plusieurs ouvrages annexes, plateformes bétonnées, réseaux, regards techniques, anciens postes radars et zones de déchets.
Ce type de configuration nécessite une vigilance particulière, car les bâtiments techniques anciens, les transformateurs, les réseaux électriques, les fosses, les ateliers, les anciens sanitaires, les zones de stockage et les remblais peuvent constituer des sources potentielles de pollution des sols.
Bâtiments, anciens logements et zones utilisées comme étables
En partie Nord du site, un bâtiment avait été utilisé comme logement, sanitaire et douche. Certains locaux avaient ensuite été utilisés comme étables, avec présence de paille et de déjections recouvrant les sols.
Ces usages successifs peuvent compliquer la lecture du site, notamment lorsque les sols sont masqués par des dépôts, déchets organiques ou matériaux divers. Ils doivent être pris en compte dans l’état des lieux environnemental.
Anciennes zones de transformateurs électriques
Un bâtiment accolé à l’Est comprenait un premier local avec trois cellules ayant pu accueillir des transformateurs électriques. Deux trémies grillagées contenaient des liquides marron, visqueux et olfactifs.
Plus au Nord de ce même bâtiment, deux locaux semblaient avoir accueilli les transformateurs principaux, les installations ayant été démantelées. Des chemins de câbles béton étaient visibles au sol.
Les anciennes zones de transformateurs électriques peuvent constituer des zones sensibles, notamment en raison de la présence historique possible d’huiles, de liquides techniques ou d’équipements contenant des substances polluantes. Ces secteurs doivent donc être étudiés avec attention dans le cadre d’un diagnostic pollution des sols.
Plateformes bétonnées, déchets et réseaux techniques
À l’extérieur du bâtiment associé aux transformateurs, une plateforme bétonnée et dégradée était présente. Des monticules de gravats et déchets divers, dont ferrailles et matériaux de démolition, s’étendaient vers le Nord sur l’espace enherbé.
Un évent était visible à l’angle Sud-Est du bâtiment, à proximité des sanitaires situés au Sud. Plusieurs regards béton à usage électrique ont également été observés, certains étant dégradés. Aucun plan de réseau n’avait été délivré.
L’absence de plans de réseaux peut constituer une limite importante, car les anciennes canalisations, regards, câbles, fosses ou réseaux enterrés peuvent avoir joué un rôle dans la migration éventuelle de polluants.
Ancien local moteur, puits de refroidissement et puits canadien
Un local moteur électrique refroidisseur était présent en pignon Nord des anciens ateliers, avec un puits de grande profondeur utilisé comme système de refroidissement, de type puits Canadien.
Ce type d’ouvrage doit être identifié lors de l’état des lieux, car il peut constituer une voie préférentielle de transfert vers le sous-sol ou les eaux souterraines, selon sa configuration, son état et les usages passés du site.
Bureaux, atelier, chenils et bâtiments sur vides sanitaires
Plus à l’Est du site, un bâtiment avait été utilisé comme bureaux et sanitaires. Un petit atelier était accolé en pignon Est. Des chenils étaient également présents en bordures Est et Nord-Est du terrain.
Les bâtiments étaient élevés sur vides sanitaires d’environ 1,20 à 1,50 mètre de profondeur, à l’exception des locaux atelier et moteur électrique refroidisseur. Le mode de chauffage identifié était électrique, par convecteurs.
La présence de vides sanitaires peut être importante à prendre en compte dans l’analyse environnementale, notamment en cas de suspicion de gaz du sol, de vapeurs d’hydrocarbures ou de solvants, selon les pollutions éventuellement présentes.
Anciens postes radars, poste gardien et zones en friche
Au Sud du site, trois abris semi-enterrés d’environ 2,50 mètres de profondeur correspondaient à d’anciens postes radars. L’abri situé à l’entrée était fermé à clef et n’a pas pu être visité. Un regard béton donnant accès à un puits et à un système de relevage était accolé à ce poste.
Un ancien poste gardien en ruine, comprenant sanitaire et douche, était également présent. Le terrain était enherbé et partiellement en friche, avec une station météo en bordure Ouest.
En partie Nord-Est, des monticules de terres et gravats ont été observés. Plus au Sud, un monticule de déchets verts était présent sur l’espace enherbé, ainsi que des déchets divers, dont un voile de forçage.

Description du projet et usage futur : parc photovoltaïque
L’ensemble du site devait être réhabilité afin de permettre la construction d’une centrale photovoltaïque. Dans ce contexte, un diagnostic pollution des sols a été demandé afin de confirmer la compatibilité du terrain avec l’implantation d’un parc de panneaux solaires.
Ce type de projet nécessite de vérifier que les sols ne présentent pas de pollution incompatible avec l’usage futur, les travaux de préparation du terrain, les terrassements, la pose des structures, la gestion des terres excavées ou la présence éventuelle de réseaux et ouvrages enterrés.
Le diagnostic permet également d’identifier les secteurs nécessitant une vigilance particulière avant travaux : anciennes zones techniques, emplacements supposés de cuves, transformateurs, fosses, déchets, remblais, bâtiments démolis ou ouvrages enterrés.
Historique du site destiné au futur parc photovoltaïque
L’analyse historique du site a été réalisée notamment à partir des clichés historiques IGN. Cette étape permet de comprendre l’évolution du terrain, d’identifier les périodes d’activité, les bâtiments disparus, les zones remaniées et les secteurs susceptibles d’avoir accueilli des usages polluants.
Les clichés anciens ont montré que les premiers bâtiments du camp militaire étaient déjà visibles en 1949, ainsi que le château d’eau. L’analyse progressive des vues aériennes a permis de suivre l’évolution du site jusqu’à son état actuel de friche.
Évolution historique observée sur les clichés IGN
- 1949 : les premiers bâtiments du camp militaire sont visibles, ainsi que le château d’eau.
- 1958 : la plupart des bâtiments sont présents ; le site semble en pleine activité.
- 1965 : la photo est peu exploitable, mais les bâtiments restent visibles, sans changement notable apparent.
- 1978 : certaines constructions ont été agrandies ou ajoutées, tandis que d’autres ne sont plus visibles.
- 1982 : le site apparaît toujours en activité ; des véhicules sont visibles.
- 1990 : le site ne semble plus en activité ; les véhicules ne sont plus présents, bien que la plupart des bâtiments soient encore visibles.
- 2001 : plusieurs bâtiments ont été démolis, laissant apparaître des fondations.
- 2005 : le site conserve sensiblement la même configuration ; les derniers bâtiments abandonnés sont en mauvais état, avec des couvertures très dégradées.
- 2008 : seuls deux bâtiments sont encore visibles ; les fondations des constructions démolies apparaissent.
- 2014 : la photo est peu exploitable, mais les bâtiments ne semblent plus visibles ; seules des fondations apparaissent.
- 2016 : le site se présente dans son état actuel, en friche, avec vestiges d’anciens bâtiments et fondations visibles.
- 2018 : aucun changement notable n’est observé ; le site demeure en friche.
Cette analyse historique est essentielle pour construire un programme d’investigations cohérent, car elle permet de cibler les anciennes zones d’activité et les secteurs où des pollutions peuvent subsister.
Diagnostic pollution parc photovoltaïque : campagne de sondages de sols
La campagne de sondages de sols a été réalisée afin de vérifier la qualité environnementale des terrains et de rechercher les polluants susceptibles d’être présents au regard de l’historique du site et des constats réalisés sur place.
Les forages de pollution des sols ont été effectués à l’aide de matériels motorisés portatifs, adaptés aux contraintes d’accès du site. Les échantillons ont été prélevés à l’aide d’une tarière à main, d’une gouge à tête à marteler et d’une masse nylon anti-rebonds.
Cette méthodologie permet d’intervenir sur des terrains contraints, en friche ou partiellement encombrés, tout en réalisant des prélèvements de sols destinés à l’analyse en laboratoire.
Échantillonnage et analyses en laboratoire agréé
Les échantillons de sols prélevés sur le terrain ont été soumis à des analyses en laboratoire agréé. Les analyses permettent de rechercher les polluants pertinents au regard de l’historique du site, des observations de terrain et des usages passés.
Les bordereaux de résultats d’analyses sont intégrés au rapport de diagnostic pollution des sols. Ils constituent la base technique permettant d’évaluer l’état environnemental du site et d’identifier les éventuelles contraintes à prendre en compte avant l’aménagement du parc photovoltaïque.
Les investigations de terrain et les analyses en laboratoire permettent ainsi de passer d’un simple constat visuel à une évaluation environnementale documentée et exploitable pour le maître d’ouvrage.
Pourquoi réaliser un diagnostic pollution avant un parc solaire ?
Un projet de parc photovoltaïque peut impliquer des travaux de terrassement, l’installation de structures porteuses, la création de pistes, le passage de réseaux, la gestion de terres excavées et la réhabilitation d’anciennes friches. Lorsque le site présente un passé industriel ou militaire, ces travaux peuvent mettre au jour des pollutions ou déchets non identifiés.
Le diagnostic pollution des sols permet d’anticiper ces situations et de sécuriser le projet. Il contribue à identifier les zones à risque, les polluants éventuels, les contraintes d’accès, les volumes potentiellement concernés et les mesures à prévoir avant le démarrage des travaux.
Il permet également au porteur de projet de disposer d’un état initial environnemental du site, utile pour justifier les choix techniques, organiser les investigations complémentaires si nécessaire et éviter la découverte tardive d’une pollution pendant le chantier.
Conclusion sur le diagnostic pollution des sols pour parc photovoltaïque
La création d’un parc photovoltaïque sur une ancienne friche militaire, industrielle ou technique nécessite une connaissance précise de l’état des sols. Les vestiges de bâtiments, fondations, dalles, remblais, déchets, anciennes zones de stockage, cuves supposées, transformateurs ou fosses peuvent constituer des sources potentielles de pollution.
Le diagnostic pollution des sols permet de rechercher ces risques, d’analyser l’historique du site, de réaliser des sondages ciblés et de faire analyser les terres en laboratoire. Cette démarche permet de vérifier la compatibilité du terrain avec le futur usage photovoltaïque et d’anticiper les éventuelles contraintes du chantier.
Avant d’implanter une centrale solaire sur un ancien site d’activité, une étude environnementale adaptée constitue donc une étape essentielle pour sécuriser techniquement, financièrement et réglementairement le projet.






