Quelles sont les sources de pollution des sols sur un terrain ou dans des bâtiments ?
Les sources de pollution des sols peuvent être nombreuses sur un terrain, dans un bâtiment industriel, un ancien garage, une maison d’habitation, une friche, un atelier ou un site de stockage. Même si les situations varient selon l’historique du site, les causes reviennent souvent : déchets abandonnés, stockages sans rétention, fuites de cuves, ruissellements d’hydrocarbures, réseaux mal raccordés, anciennes activités industrielles ou produits chimiques utilisés sans traçabilité.

Déchets, stockages et dépôts au sol
Sur de nombreux sites, des déchets jonchent les sols ou restent stockés pendant de longues périodes. Il peut s’agir de déchets industriels banals, de déchets non dangereux, mais aussi de déchets plus sensibles : huiles, solvants, batteries, pneus, bidons, fûts, filtres, pièces mécaniques, emballages souillés, peintures, liquides techniques ou résidus de produits chimiques.
Même lorsqu’un déchet semble banal, son mode de stockage peut créer un risque. Un déchet laissé à l’extérieur, exposé à la pluie, sans rétention et sans protection du sol peut générer des ruissellements pollués.
Les polluants peuvent ensuite s’infiltrer dans les sols, migrer vers les eaux souterraines ou rejoindre les réseaux d’eaux pluviales, fossés, ruisseaux et cours d’eau.
Stockages sans rétention et risques d’infiltration
Un stockage sans rétention correspond à un stockage de produits liquides, polluants ou potentiellement polluants sans bac de rétention, sans dispositif de confinement et parfois directement posé au sol.
Les fûts, cuves, bidons, containers, sacs ou récipients divers peuvent fuir, se dégrader, se renverser ou être lessivés par les eaux de pluie. Les liquides peuvent alors atteindre les sols en surface, puis migrer en profondeur selon la perméabilité du terrain.
La mise en rétention, l’abri contre les intempéries, la séparation des produits incompatibles et la surveillance régulière des contenants font partie des mesures simples permettant de réduire fortement le risque de pollution.
Ruissellements et transfert des polluants par les eaux de pluie
Les eaux de pluie peuvent accélérer le déplacement des polluants. Lorsqu’elles ruissellent sur une zone souillée, une aire de lavage, un atelier, une aire de dépotage, une zone de stockage ou une dalle tachée, elles peuvent entraîner les hydrocarbures, huiles, solvants, métaux ou produits chimiques vers d’autres zones du site.
Ces ruissellements peuvent ensuite rejoindre les réseaux d’eaux pluviales, les fossés, les caniveaux, les regards, les bassins de rétention ou les terrains naturels.
Lorsque les surfaces sont dégradées, fissurées ou non étanches, une partie de la pollution peut également s’infiltrer directement dans les sols.
Pneus, batteries, véhicules et déchets mécaniques
Les pneus usagés, batteries de véhicules, pièces mécaniques, moteurs, filtres, bidons d’huile, liquides de refroidissement et véhicules hors d’usage constituent des sources fréquentes de pollution lorsqu’ils sont stockés à l’extérieur sans protection.
Les batteries peuvent libérer des substances dangereuses, les pièces mécaniques peuvent contenir des huiles ou hydrocarbures, et les véhicules abandonnés peuvent présenter des fuites de carburant, d’huile moteur, d’huile hydraulique, de liquide de frein ou d’antigel.
Ces situations sont régulièrement constatées lors de diagnostics pollution des sols sur anciens garages, ateliers, dépôts, friches et sites industriels.
Pollutions accidentelles : fuite de cuve, débordement ou déversement
Certaines pollutions ne résultent pas d’une négligence chronique, mais d’un événement accidentel : fuite d’une cuve, rupture de canalisation, débordement lors d’un remplissage, déversement sans précaution, erreur de manipulation ou absence de jauge sur un réservoir.
Une fuite de fioul, de carburant, d’huile ou de solvant peut impacter rapidement les sols. Selon le volume déversé, le type de sol, la pente, les réseaux et la présence de dalles fissurées, la pollution peut rester localisée ou migrer en profondeur.
Dans ce type de situation, un diagnostic pollution des sols permet de déterminer l’étendue de l’impact et les éventuelles suites à donner : sondages complémentaires, analyses, excavation, neutralisation de la source ou mesures de gestion.
Réseaux, eaux usées et eaux pluviales mal raccordées
Des défauts de raccordement des eaux usées ou des eaux pluviales peuvent également générer des pollutions. Un réseau cassé, obstrué, mal séparé ou raccordé de manière inadaptée peut favoriser les infiltrations ou les rejets vers le sol.
Dans les sites industriels, ateliers et garages, les réseaux sont souvent des voies préférentielles de transfert des polluants. Les regards, caniveaux, fosses, siphons, avaloirs et anciennes canalisations doivent donc être examinés avec attention.
Un plan de recollement des réseaux est souvent utile pour comprendre les écoulements et localiser les zones à risque.
Séparateur hydrocarbures, débourbeur et entretien
Les caniveaux, aires de lavage, ateliers, zones de circulation et anciennes stations-service devraient être raccordés à des dispositifs adaptés lorsque des hydrocarbures peuvent être présents.
Un séparateur hydrocarbures, parfois appelé anciennement débourbeur dans certains usages, permet de limiter le rejet d’hydrocarbures dans les réseaux ou le milieu naturel. Toutefois, son efficacité dépend de son bon dimensionnement, de son raccordement et surtout de son entretien régulier.
Un séparateur hydrocarbures non vidangé, saturé, mal entretenu ou non raccordé correctement peut devenir inefficace et laisser passer des polluants.
Postes de dépotage et anciennes stations-service
Un poste de dépotage non aménagé constitue une source importante de pollution potentielle. Les opérations de remplissage ou de transfert de carburant peuvent entraîner des débordements, égouttures, ruissellements ou infiltrations.
Les anciennes stations-service ne permettaient pas toujours de recueillir correctement les ruissellements générés lors des distributions ou livraisons de carburants.
ALCOR rencontre régulièrement ce type de situation lors de diagnostics de pollution des sols, notamment sur anciens garages, ateliers automobiles, dépôts de véhicules et sites ayant comporté des cuves enterrées.
Fuites moteurs, vérins et équipements hydrauliques
Les fuites de moteurs, vérins, engins, machines-outils, presses, chariots élévateurs, compresseurs ou équipements hydrauliques peuvent générer des pollutions localisées.
Les huiles hydrauliques, huiles moteur, graisses, liquides techniques et hydrocarbures peuvent s’accumuler sur les dalles, pénétrer dans les fissures, atteindre les joints ou migrer vers les sols en cas de défaut d’étanchéité.
Même de petites fuites répétées sur plusieurs années peuvent créer une pollution chronique difficile à détecter sans sondages et analyses.
Cuves inutilisées, fioul domestique et installations anciennes
Une cuve essence, gasoil ou fioul inutilisée, mais non vidangée et non neutralisée, reste une source potentielle de pollution à long terme.
Les anciennes chaudières au fioul domestique, les canalisations enterrées, évents, postes de remplissage et anciennes cuves peuvent générer des fuites ou conserver des résidus polluants.
Lors d’une réhabilitation ou d’une vente, il est souvent nécessaire de vérifier l’état de ces installations, de rechercher les justificatifs de neutralisation et, si besoin, de réaliser des sondages au voisinage des cuves.
Produits chimiques, désherbants et pollutions difficiles à identifier
Les produits chimiques constituent une catégorie très large de polluants. Ils peuvent inclure des solvants, peintures, vernis, colles, produits de traitement, dégraissants, désherbants, pesticides, produits phytosanitaires ou substances utilisées dans d’anciennes activités industrielles ou agricoles.
Certains désherbants ou produits aujourd’hui interdits ou fortement encadrés ont pu être utilisés pendant de nombreuses années. Le glyphosate est l’un des exemples les plus connus dans le débat public.
Ces pollutions peuvent être difficiles à déceler lorsque l’historique du site est incomplet ou lorsque la composition exacte des produits utilisés n’est plus connue.
Pollutions visibles et pollutions invisibles
Certaines pollutions sont visibles : taches au sol, odeurs, irisations, déchets, fûts abandonnés, sols noirâtres, ruissellements, batteries, pneus ou matériaux souillés.
D’autres pollutions sont invisibles à l’œil nu. Elles peuvent se situer sous une dalle, sous une cuve, dans des remblais, au droit d’un ancien réseau, dans les gaz du sol ou en profondeur dans les terrains naturels.
L’absence de trace visible ne permet donc pas d’exclure une pollution. Seul un diagnostic adapté, avec étude documentaire, visite de site, sondages et analyses si nécessaire, permet de lever le doute.
Diagnostic pollution des sols et recherche des sources
Le diagnostic pollution des sols permet d’identifier les sources potentielles de pollution : déchets, cuves, ateliers, anciennes activités, zones de lavage, fosses, réseaux, stockages, postes de dépotage, remblais, décharges, friches ou zones de ruissellement.
Ces sources sont ensuite utilisées pour définir l’implantation des sondages et le choix des polluants à rechercher en laboratoire.
Cette méthodologie permet d’éviter des analyses génériques mal ciblées et de concentrer les investigations sur les zones réellement sensibles du site.
Photos de sources de pollution observées sur site
Ci-dessous, quelques photos de sources de pollution prises lors de nos interventions de diagnostic pollution des sols.






























