Le diagnostic pollution des sols d’un site industriel en activité permet d’identifier les zones de traitement, de stockage et de rejet susceptibles d’avoir impacté les sols, les dalles béton, les réseaux ou les eaux souterraines. Dans le cas d’une activité de traitement de surface, les risques sont particulièrement importants en raison de la présence d’acides, de soude, de bains de traitement, de solvants, de boues industrielles et de cuves de rétention.
Diagnostic pollution site industriel : analyses des sols
Le site étudié correspond à une entreprise spécialisée dans la construction industrielle et disposant d’une chaîne de traitement de surface. La zone d’étude se situe dans l’un des bâtiments d’un site industriel d’environ 20 454 m².
Le bâtiment concerné représente une surface d’environ 930 m², élevée sur dalle béton partiellement dégradée. Plusieurs espaces présentent une présomption de pollution liée aux procédés industriels, aux stockages de produits chimiques et aux fosses de récupération de liquides de traitement.

Description générale du site industriel
La zone étudiée est constituée d’un bâtiment unique comprenant plusieurs secteurs de production, de traitement, de stockage et de gestion des boues. Le site est toujours en activité au moment de l’étude.
Les activités présentes impliquent l’utilisation de produits chimiques variés, notamment acides, soude caustique, solvants, produits de traitement, eaux lubrifiées, boues hydroxydes et liquides industriels.
Zones de traitement thermique
Le secteur de traitement thermique comprend une fosse de récupération des liquides de traitement ainsi qu’une cuve semi-enterrée d’environ 800 litres contenant un produit pénétrant.
Les fosses et bacs de rétention étant pleins, aucun sondage n’a pu être réalisé en fond de fosse ou sous les bacs. Cette impossibilité constitue une limite importante du diagnostic, car ces zones sont potentiellement sensibles aux infiltrations anciennes ou actuelles.
Chaîne de traitement de surface
La chaîne de traitement de surface comprend plusieurs cuves aériennes installées sur fosses de récupération des liquides. Ces fosses contiennent notamment des eaux lubrifiées, alcools éthoxylés, alkoxylates d’alkyle et boues de traitement.
Les principales cuves identifiées concernent :
- Cuve 1 : dégraissage alcalin ;
- Cuve 2 : rinçage eau ;
- Cuve 3 : décapage alcalin à la soude caustique ;
- Cuve 4 : décapage à l’acide sulfurique et acide chromique ;
- Cuve 5 : rinçage eau ;
- Brunissage à la soude caustique ;
- Cuve 6 : colmatage eau ;
- Cuve 7 : oxydation anodique à l’acide sulfurique ;
- Cuve 8 : rinçage eau ;
- Cuve 9 : passivation soudure à l’acide nitrique ;
- Cuve 10 : oxydation anodique à l’acide chromique ;
- Cuve 11 : colmatage eau ;
- Cuves 13, 14 et 15 : rinçage eau.
Autres secteurs à risque du bâtiment
En complément de la chaîne de traitement, plusieurs zones techniques présentent des risques potentiels pour les sols et les réseaux :
- Cabine de grenaillage avec trémie en sous-sol ;
- Espace de découpe ;
- Espace de stockage d’acides, soude, solvants et produits divers ;
- Regard au sol non relié à un séparateur ;
- Espace de traitement des boues ;
- Cuves aériennes d’eaux de traitement et de bisulfite ;
- Centrifugeur, malaxeur, décanteur de boues hydroxydes et mélangeur de boues.
Stockages extérieurs et rejets visibles
La circulation extérieure en façade du bâtiment est bituminée et partiellement dégradée. Deux zones de stockage extérieur ont été observées, comprenant des fûts, bacs PVC de liquides et aérosols usagés.
Ces stockages sont situés à l’air libre, sans rétention adaptée, ce qui augmente les risques de ruissellement et d’infiltration vers les sols.
Un regard au sol situé sur la voie d’accès présente des rejets blanchâtres issus des eaux de production du bâtiment situé en face du site étudié. Une pollution visible des sols est donc constatée dans ce secteur.
Dégradations et contraintes techniques
À l’arrière du bâtiment, une benne de stockage des boues est présente. Les canalisations d’eaux pluviales de toiture ne sont pas raccordées au réseau, ce qui peut favoriser des écoulements non maîtrisés.
L’ensemble des parties métalliques, dont les cuves, canalisations et charpentes, présente une oxydation importante liée aux vapeurs acides. Cette observation confirme l’agressivité chimique de l’environnement intérieur.
Limites du diagnostic pollution des sols
Plusieurs zones n’ont pas pu être sondées en raison de contraintes d’accès et de sécurité :
- Fosse de récupération des liquides de traitement thermique, pleine au moment de l’intervention ;
- Fosses de récupération des liquides de traitement de surface, également pleines ;
- Zones situées sous les cuves de traitement ;
- Bacs de rétention contenant encore des liquides de traitement ;
- Zone sous la cuve semi-enterrée.
Ces limites doivent être clairement mentionnées dans le rapport, car les secteurs non accessibles correspondent précisément à des zones à forte présomption de pollution.
Sondages complémentaires à prévoir
Des investigations complémentaires sont à envisager après pompage, vidange et retrait des cuves, fosses et bacs de rétention.
Ces sondages complémentaires devront viser prioritairement les zones situées à l’aplomb des cuves, des fosses, des rétentions et des secteurs de stockage de produits chimiques.
Géologie et vulnérabilité des milieux
Le site est implanté en milieu périurbain, dans un contexte géologique marqué par un substratum de calcaire tendre et de craie.
- Milieu d’implantation : périurbain ;
- Captage AEP : non identifié sur le site ;
- Formation superficielle : néant ;
- Substratum : calcaire tendre / craie ;
- Présence d’eau de nappe atteinte à environ 9,2 m de profondeur.
Le site se situe notamment en formation c5a, correspondant à la craie à Actinocamax quadratus, dite craie de Reims, et en limite de colluvions indifférenciées du Quaternaire.
Vulnérabilité des eaux souterraines
La vulnérabilité du site est considérée comme forte en raison de la faible profondeur de la nappe et de la nature du terrain calcaire tendre ou crayeux.
Dans ce contexte, une pollution issue des fosses, cuves, zones de stockage ou regards peut potentiellement migrer vers les eaux souterraines si les sols et dalles ne jouent plus leur rôle de protection.
Conclusion du diagnostic pollution du site industriel
Le site présente plusieurs sources potentielles de pollution liées aux activités de traitement thermique, traitement de surface, stockage de produits chimiques, gestion des boues et rejets visibles en voirie.
Les contraintes d’accès aux fosses, cuves et bacs pleins limitent les investigations initiales. Des sondages complémentaires devront être envisagés après mise en sécurité, pompage et retrait des équipements afin de caractériser précisément les sols au droit des zones les plus sensibles.
Voir aussi l’article relatif aux analyses de polluants industriels et aux risques industriels.






