Rénovation énergétique, étude thermique

Depuis le choc pétrolier de 1973, la France a redéfini sa politique énergétique afin de diminuer ses consommations en énergie et s’est dotée d’un outil réglementaire spécifique : la Réglementation Thermique. Celle-ci a connu de nombreux aménagements (généralement tous les cinq ans) suivant l’évolution de la législation européenne.

La réglementation actuellement en vigueur (depuis le 1er septembre 2006) est la RT2005 ; elle remplace la RT 2000. Elle fixe des exigences techniques strictes en matière de surface et d’orientation des parois, de chauffage, d’isolation thermique, de ventilation, de climatisation, de production d’eau chaude, d’éclairage, d’apports solaires et lumineux, et de perméabilité à l’air.

La réglementation thermique ne définit pas de méthodes de construction mais détermine le minimum des performances à atteindre. A terme, l’objectif est de construire des bâtiments neufs consommant moins de 50 kWh/m².

Dans l’application de la RT2005, l’ensemble des caractéristiques techniques de chacun des postes du projet de construction est comparé aux caractéristiques d’un projet de référence défini par le texte et répondant aux exigences de la RT2005.

Quelles sont les conditions à respecter dans le cadre d’un projet de construction ?
Trois conditions doivent être respectées par le nouveau bâtiment à construire :
– L’économie d’énergie : la consommation conventionnelle d’énergie d’un bâtiment pour le chauffage, la ventilation, la climatisation, la production d’eau chaude, l’éclairage des locaux doit être inférieure ou égale à la consommation conventionnelle d’énergie de référence de ce bâtiment ;
– Le confort d’été : la température intérieure conventionnelle atteinte en été doit être inférieure à la température de référence ;
– Les « gardes fous » : des performances minimales sont requises pour une série de composante, notamment au niveau des déperditions par les ponts thermiques.
En complément de ces trois conditions, la RT2005 introduit des niveaux de consommation maximaux pour les consommations (de chauffage, de refroidissement et de production d’eau chaude sanitaire), définis par zones climatiques et par énergies de chauffage.
Pour l’Ile de France, ces valeurs correspondent à 130 kWh primaire/m²/an pour le combustible fossile, et à 250 kWh primaire/m²/an pour le chauffage électrique (y compris les pompes à chaleur).

Quelles sont les pertes thermiques dans l’habitat ?
Dans un logement, les déperditions sont nombreuses, à savoir la toiture, la ventilation, les murs, les ponts thermiques, le sol et enfin les vitres. Les pourcentages varient en fonction du type de logement (individuel ou collectif) et/ou du niveau d’isolation.

Que se passe-t-il si nous utilisons des équipements ou des matériaux de performance inférieure à la référence ?
La réglementation laisse la possibilité d’utiliser des équipements ou matériaux de performance inférieure à la référence, dans la limite des gardes fous, et sous réserve d’être plus performant que la référence dans les autres postes de déperditions.
Si le projet du particulier ne satisfait pas à la RT2005 en matière de chauffage, le projet devra compenser sur un autre poste, par exemple, sur la ventilation.

Qu’entend-t-on par valorisation bioclimatique dans la RT2005 ?
Tout d’abord, huit zones climatiques ont été définies en France pour affiner au mieux le projet de construction aux caractéristiques du site.
Par ailleurs, dans un souci de limiter le recours à la climatisation et d’utiliser au mieux hiver comme été les apports solaires et les technologies à disposition, la RT 2005 encourage le recours aux énergies renouvelables (10% de nos besoins doivent être fournis à partir d’énergies renouvelables), valorise les matériaux à forte inertie thermique et définit de nouvelles références :
– en matière de chaudière à combustibles fossiles, la référence devient la chaudière basse température ;
– pour le chauffage électrique le matériel de référence devient le panneau rayonnant ;
– pour les chaudières bois et les pompes à chaleur, les calculs ont été affinés ;
– pour la production d’eau chaude sanitaire, la référence devient le panneau solaire : toute maison individuelle chauffée à l’électrique ou par combustibles fossiles doit intégrer au minimum 2 m² de capteurs solaires pour la production d’eau chaude sanitaire. Dans un logement collectif chauffé à l’électrique, 1 m² de capteurs solaires assure la production d’eau chaude sanitaire. Dans le cas contraire, il y aura soit une pénalité de l’ordre de 20% pour la maison individuelle et de 10% pour le logement collectif, soit une économie d’énergie équivalente sur un autre poste.

Pour optimiser l’impact des apports solaires les baies vitrées doivent être orientées à 40% au sud pour les maisons individuelles, et réparties équitablement sur les quatre orientations pour les autres bâtiments. La surface des baies doit correspondre à 1/6 de la surface habitable.

Comment améliorer le confort d’été ?
Pour réduire les apports solaires en été, une protection des baies doit être prévue (casquette, volets…). La valorisation des toitures végétalisées ou toitures « jardins » contribue également à assurer le confort d’été en apportant fraîcheur et ombre.

Quel type de climatisation envisager dans le cadre de la RT 2005 ?
Cela dépend du type de bâtiment. En effet, les bâtiments ont été classés selon deux catégories :
– CE1 : regroupe les bâtiments ordinaires normalement conçus pour ne pas être climatisés et dont les consommations de référence liées au refroidissement sont nulles.
– CE2 : regroupe les bâtiments non soumis aux exigences de confort d’été mais soumis à une consommation maximum de référence liée à la climatisation et en fonction de la zone climatique.

Les performances thermiques du bâtiment doivent-elle être référencées dans une synthèse technique ?
Le maître d’ouvrage doit pouvoir remettre, si on lui demande, une synthèse thermique renseignant sur les performances thermiques du bâtiment, au plus tard à l’achèvement des travaux. Cette synthèse est rédigée par le bureau d’études, ou la personne compétente, ayant accompagnée le maître d’ouvrage dans les travaux.

Voir aussi notre page Activité Contrôle thermographique et énergétique, et notre plan de site pour d’autres informations relatives aux économies d’énergies et rénovations énergétiques.

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