Diagnostic pollution air intérieur

 

L’air qu’on respire peut avoir des effets sur le confort et la santé, depuis la simple gêne, odeurs, somnolence, irritation des yeux et de la peau, jusqu’à l’aggravation ou le développement de pathologies comme par exemple les allergies respiratoires.

Les effets de la pollution intérieure sur la santé ne sont que partiellement connus : en effet, les liens entre l’exposition aux polluants et le développement d’une maladie ou d’un symptôme n’ont pas encore été suffisamment étudiés. La contribution de la qualité de l’air intérieur à certaines maladies reste encore à identifier et à évaluer.

Il existe deux types d’exposition :

– l’exposition des personnes à de fortes doses de polluants dans un environnement intérieur (qui est un phénomène relativement rare, tel que l’intoxication grave par le monoxyde de carbone),

– l’exposition continue à de faibles doses de polluants sur de longues périodes (qui peut avoir des conséquences importantes à court ou long terme).

La question de la qualité de l’air intérieur est ainsi une préoccupation majeure de santé publique, car l’ensemble de la population est concerné, et plus particulièrement les personnes sensibles et fragiles (enfants, personnes âgées ou immunodéprimées, malades pulmonaires chroniques).

Tous les lieux de vie clos ou semi-clos sont concernés par la pollution intérieure.

La pollution intérieure se caractérise par un ensemble de polluants physiques, chimiques ou biologiques de diverses origines.

Les polluants mesurés dans l’air intérieur proviennent le plus souvent de plusieurs sources et, inversement, chaque source peut être à l’origine de plusieurs pollutions. L’un des objectifs de l’Observatoire de la Qualité de l’Air Intérieur est d’apporter des éléments de clarification quant à la part respective des différents déterminants de la qualité de l’air

Les polluants mesurés proviennent de différentes sources, parmi lesquelles :
– l’extérieur du bâtiment : le sol (radon) ou l’air extérieur (monoxyde de carbone, oxydes d’azote, particules et certains composés organiques volatils – COV)
– les produits de construction, d’ameublement, de décoration, d’entretien et de bricolage : la plupart des COV (y compris les aldéhydes) et les particules
– les appareils à combustion (chauffage, production d’eau chaude) : monoxyde de carbone, oxydes d’azote, particules, certains COV
– les plantes et les animaux : pollens, allergènes de chat, de chien et d’acariens
– la présence et l’activité humaine (tabagisme, activités de cuisine ou d’entretien, bureautique, …) : particules, monoxyde de carbone, COV et aldéhydes,…

L’émission ou la présence de ces polluants dans l’air est liée à la présence des sources de pollution et au renouvellement de l’air des pièces du bâtiment.

Dans un milieu clos, les pollutions intérieure et extérieure s’ajoutent, mais peuvent aussi interagir, en créant d’autres polluants tels certains composés organiques volatils ou de très fines particules.

Un classement des polluants de l’air intérieur a été effectué sur des critères de toxicité à court et long terme, les niveaux d’exposition observés, la traçabilité de certaines sources ainsi que sur la fréquence d’apparition des polluants dans les logements.

Cette classification des substances néfastes pour la santé permet de disposer d’une vision prospective des enjeux sanitaires liés à la présence potentielle de ces substances dans l’air et les poussières des bâtiments.

Cette hiérarchisation sanitaire des polluants mesurés dans les bâtiments a été réalisée dans le cadre d’un groupe de travail réunissant des experts en métrologie, en épidémiologie et en chimie. Le groupe de travail a proposé une démarche d’évaluation quantitative des risques sanitaires approuvée par le Conseil Scientifique de l’OQAI.

La hiérarchisation de 2002 complétée par une approche « a dire d’experts » du conseil scientifique de l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur, a servi de base de réflexion à la sélection des polluants ou familles de polluants à mesurer lors de la campagne nationale dans les logements. Ce premier classement de plus de 70 substances (établi en 2002) a été complété en 2005 par l’ajout de 29 substances.

Les travaux ont abouti à une classification des substances en quatre classes :

– 7 substances « hautement prioritaires » (Groupe A) : formaldéhyde, benzène, acétaldéhyde, particules, radon, di-éthylhexyl-phtalate (DEHP) et dichlorvos.

– 12 substances « très prioritaires » (Groupe B) : dioxyde d’azote, allergènes de chien, acariens, toluène, trichloréthylène, plomb, tétrachloroéthylène, dieldrine, allergènes de chat, aldrine, paraffines chlorées à chaîne courte et monoxyde de carbone.

– 51 substances « prioritaires » (Groupe C) parmi lesquelles des biocides, les champs électromagnétiques très basse fréquence, des composés organiques volatils, des éthers de glycol, les endotoxines, des phtalates, des organoétains et les fibres minérales artificielles.

– 22 substances « non prioritaires » (Groupe D) parmi lesquelles le 1,1,1-trichloroéthane, des biocides, des phtalates (DMP), des alkyls phénols et des organoétains

– 8 substances « inclassables » (Groupe I) parmi lesquels le 2-éthoxyéthylacétate, le 2-méthoxyéthanol, le 2-méthoxyéthyleacétate, l’alkyl phénol (4NP), des phtalates (DPP), l’endosulfan, le 2-éthoxyéthanol et l’oxadiazon.

Sources de pollutions et effet sur la santé, télécharger le fichier

 Voir aussi l’article code du travail sur la pollution de l’air intérieur

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