DPE Diagnostic Performance Energetique

Le diagnostic de performance énergétique, comment ça marche ?

Le diagnostic de performance énergétique (DPE) constitue un outil de sensibilisation des populations aux enjeux environnementaux.
Il dresse un état des lieux de la performance énergétique d’un bien immobilier, illustré par les deux étiquettes suivantes :
• une « étiquette énergie » indiquant la consommation d’énergie du bien (de même que pour l’électroménager et les voitures neuves) ;
• une « étiquette climat » précisant l’impact de ces consommations sur l’effet de serre, grâce à une estimation de la quantité de gaz à effet de serre (GES) émis.

Pour renforcer les mesures d’information, le ministre de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire va signer une convention avec les professionnels de l’immobilier dans laquelle ceux-ci s’engagent à faire figurer le DPE dans les annonces immobilières.

1ères statistiques concernant le DPE :

L’image ci-dessous illustre les résultats d’une étude réalisée par le groupe De Particulier à Particulier, auprès de 450 logements en région parisienne choisis aléatoirement. Cet échantillon est composé de 69% d’appartements et 31% de maisons individuelles.
Les chiffres de gauche (devant la lettre indiquant l’étiquette énergétique) correspondent à la consommation annuelle en kWh au mètre carré d’énergie primaire destinée au chauffage.
 

Statistiques DPE janvier 2011

 
L’énergie primaire correspond à l’énergie qui a été dépensée pour produire l’énergie finale. Il faut simplement retenir que :
 
100 kWh d’énergie électrique utilisable correspondent à 258 kWh d’énergie primaire,
100 kWh d’énergie fossile (fuel, gaz, bois) correspondent à 100 kWh d’énergie primaire et ,
100 kWh d’énergie solaire correspondent à 0 kWh d’énergie primaire.
 
Parmi les propositions qui ont été discutées lors du Grenelle de l’environnement, il y avait le fait de supprimer la classe G d’ici 2012 puis les classes E et F d’ici 2020.
 
La règlementation thermique 2005 (en vigueur depuis le 1er novembre 2006), permet de construire en classes E lorsque la résidence est située au nord, à l’est et au centre (zone climatique H1) et que l’énergie utilisée est électrique. Nous voyons très clairement que la classe D ne peut être atteinte avec un chauffage électrique. En effet, en prenant pour référence l’énergie primaire, on contrôle mieux l’impact écologique d’une habitation. La norme RT 2005 pénalise le choix du « tout électrique » en ramenant en dessous du coefficient de 2,58 les kWhEP/m²/an autorisés dans ce type d’habitation. Pour répondre à la norme, les maisons électriques doivent compenser la restriction en énergie finale par une isolation plus performante.
 
Ratio énergie primaire / énergie finale vendue :
Electricité : 2,58
Combustibles fossiles (chaudière à gaz à condensation) : 1
Chauffage urbain avec co-génération: 0,56
Energies renouvelables (éolien, photovolataique…) : 0 
 
La consommation annuelle moyenne de chauffage d’une habitation s’échelonne de 50 kWh/m² pour les logements récents à isolation renforcée, à plus de 200 kWh/m² pour des logements anciens. Ces dernières décennies, des réglementations thermiques successives ont permis d’améliorer considérablement la qualité de construction de l’habitat et la consommation d’énergie.
 
RT 1974 : Première réglementation thermique appliquée de 1976 à 1981,
RT 1981 : appliquée de 1982 à 1989,
RT 1989 : appliquée aux constructions de 1990 à 1999
RT 2000 : appliquée aux bâtiments dont le permis de construire a été déposé après le 1er juin 2001,
RT 2005 : concerne les demandes de permis de construire postérieures au 1er septembre 2006.
La RT 2005 abaisse de 15% la consommation moyenne d’énergie des bâtiments neufs par rapport à la RT 2000.
Le label BBC 2005 « Bâtiment de basse consommation » été créé pour anticiper la prochaine réglementation thermique (RT 2012). Ce label s’intègre dans le programme HPE « Haute performance énergétique » et a été officialisé en 2007. La norme BBC 2005 fixe une exigence énergétique de 50 kWhep/(m²SHON.an) telle que définie par la RT 2005 pour les logements neufs.
 
 
AFFICHAGE DE LA PERFORMANCE ENERGETIQUE DANS LES ANNONCES IMMOBILIERES – QUESTION SENAT – REPONSE DU SECRETARIAT D’ETAT CHARGE DU LOGEMENT – JO DU 13 JANVIER 2011:

Monsieur Christian CAMBON, Sénateur interrogeait le secrétaire d’état sur l’affichage du DPE et son inquiétude dans la mesure ou le dispositif apparaissant dans le décret, ne prévoyait pas de sanction et demandait dans quelle mesure le gouvernement comptait intégrer au décret un dispositif de sanctions en cas de non affichage de la performance énergétique.
Dans sa réponse, le secrétaire d’état précise que cet affichage a pour but qu’il devienne un des éléments constitutifs du choix des acquéreurs et des loueurs de biens immobiliers, d’inciter les propriétaires et les bailleurs à réaliser des travaux d’économie d’énergie, de valoriser le bien du propriétaire si celui-ci est performant énergiquement.
Concernant les sanctions, il précise que les dispositions de droit commun s’appliquent :
-sur le plan civil : il s’agit de l’article 1116 du code civil qui prévoit les manœuvres dolosives, qui peuvent résulter de la dissimulation d’un fait qui, s’il avait été connu, aurait conduit l’acquéreur ou le locataire à ne pas contracter ou à le faire à un prix moindre. La sanction étant alors la nullité de l’acte ou la réduction du prix.
-sur le plan pénal : il s’agit de l’article L.121-1 du code de la consommation qui prévoit le grief de publicité de nature à induire en erreur, qui peut être relevé par les services des fraudes et faire l’objet des sanctions prévues par l’article L.213-1 du même code : deux ans de prison et 37 500 € d’amende.

(Ces sanctions peuvent tout aussi bien s’appliquer à l’ensemble des partis en cas de résultat DPE exagérément erroné.)
Il apparaît donc de ce fait totalement inutile de prévoir une nouvelle sanction dans un texte alors que d’autres sanctions existent déjà.

 

Une bonne isolation est indispensable :
L’isolation est la condition indispensable pour profiter du confort thermique que procure un chauffage électrique de bonne qualité.
Les maisons passives ont fait la démonstration qu’une isolation renforcée peut réduire les besoins en chauffage à l’utilisation de quelques bougies d’ambiance ! Si votre maison n’est pas construite avec des matériaux qui répondent aux normes thermiques récentes, il est nécessaire de réaliser des travaux d’isolation. Le coût réduit d’un chauffage électrique par rapport au prix d’un système à chaudière et boucle d’eau, doit toujours être mis à profit pour réaliser une isolation de qualité.
Les déperditions thermiques définissent le besoin en chauffage. Les colories s’échappent par les parois, les vitres, le toit… L’air froid s’infiltre à l’intérieur du bâtis par les interstices des portes et des fenêtres. Le chauffage doit être proportionné et adapté aux caractéristiques de l’habitation.
Si le chauffage rayonnant est nécessaire au confort thermique, il ne sera pas utilisé avec des parois en matériaux non isolés car l’énergie radiante serait massivement évacuée à l’extérieur. A défaut de réaliser une isolation, on utilisera un chauffage convectif (poêle ou cheminée à insert, convecteurs électriques) car l’air chaud s’échappe moins à travers les murs que le rayonnement infrarouge. Dans ces conditions, on s’assurera de l’isolation verticale de la maison car l’air chaud réalise un mouvement ascensionnel et ne redescend qu’une fois accumulé contre une cloison étanche.
Il fait bon vivre dans une maison qui respire, en hiver comme en été lorsque la température des pièces et le taux d’humidité sont régulés par l’inertie du bâti. La mise en place d’une isolation bon marché (par l’intérieur) peut dégrader fortement les qualités hygrométriques et l’inertie thermique d’une habitation. Le taux de rayonnement du chauffage, l’inertie thermique et hygrique des murs sont directement liés au confort thermique d’une habitation.
 
Les travaux d’isolation :
Dans une maison mal isolée, les déperditions de chaleur atteignent 30% au niveau du toit. Une isolation dite sous-rampant se pratique par l’intérieur, sa réalisation est à la portée d’un particulier. Il faut placer de la laine fibreuse (roche, verre, bois, chanvre) et des plaques d’isolation sous tuiles en aménageant un espace d’au moins 3 cm entre l’isolant et la couverture pour le passage de l’air. Les professionnels proposent la pose de panneaux de toit porteurs qui se fixent sur l’ancienne toiture. Il sera aussi nécessaire de combler par un isolant thermique l’espace entre le plafond et le plancher des combles.
Les matériaux haute qualité environnementale comme les briques alvéolaires, les briques monomur en terre cuite, le béton léger cellulaire (Siporex, Ytong), les blocs de coffrage isolants (Styropor, Néopor) ou encore les ossatures en bois (MOB) dispensent d’isoler les murs qui y perdraient alors en qualités intrinsèques. Par contre, si les murs sont en pierre, en parpaing ou en briques ordinaires, il est souvent nécessaire d’ajouter une couche isolante soit à l’intérieur soit à l’extérieur.
1 – Isolation intérieure :
Des complexes isolant se posent par l’intérieur sur les murs. Les Polyplac de Knauf, ou des isolants plus naturels comme un banchage de 10 cm d’épaisseur avec un mortier chaux et chanvre, des panneaux en liège expansé sont adaptés pour créer une ambiance agréable en hivers comme été. Isoler par l’intérieur est la solution la moins chère mais il est difficile de traiter les ponts thermique et les pièces perdent en volume. Attention au matériaux synthétiques qui vont dégrader les propriétés d’inertie thermique et hygrique des murs, et se révéler toxiques (polyester, polyuréthan…).
 
2- Isolation extérieure : La pose de panneaux de polystyrène extrudé ou de polyuréthane a l’avantage de supprimer les ponts thermiques, mais si votre maison a plus d’un étage, le coût d’une isolation par l’extérieur est important et le retour sur investissement sera plus long. C’est pourtant la solution idéale pour les murs et aussi pour le toit. Un bardage façon bois (lambris PVC) allie l’esthétique à la performance.
 
3 – Le vitrage :
Le triple vitrage est la règle en maison passive, mais il représente un surcoût de 150 euros par mètre carré. Si l’isolation globale est moyenne, le double vitrage (4/16/4) est suffisant d’un point de vue économique. Il faut surtout veiller à acheter des fenêtres de bonne qualité car les déperditions au niveau du châssis sont souvent importantes. Avec des vitrages à châssis à « isolation renforcée » ont réduira les fuites d’air et les ponts thermiques. A noter, les bonnes performances du PVC et du bois.
4 – Le plancher :
Les plancher froids doivent être isolés. Si la maison repose sur un vide sanitaire, on posera des panneaux isolants en sous face. Si le sol repose sur un terre plein, une structure en dalle flottante est le plus efficace, elle peut accueillir un système de chauffage.
 
Les ponts thermiques :
Les châssis métalliques des fenêtres, une poutre métallique qui traversent un mur, une dalle de plancher qui passe sous un mur créent des fuites de chaleur qui contournent les matériaux isolants. Lorsque les matériaux juxtaposés ont des caractéristiques isolantes différentes, la chaleur s’échappe vers l’extérieur à travers le matériau le plus conducteur. Ces zones de déperdition de chaleur sont appelées « pont thermique ». Elles deviennent vite humides au contact de l’air chaud (chauffage fortement convectif) qui condense sur les parties froides du bâti. Les matériaux vont se dégrader rapidement. Les ponts thermiques doivent être éliminés par une isolation extérieure.
Le renouvellement de l’air :
L’air d’une habitation doit être renouvelée au profit d’un air neuf afin d’éviter l’apparition de moisissures dues à l’humidité et pour limiter l’absorption de particules et de gaz toxiques : monoxyde de carbone (cuisinière et chaudière au gaz de ville), gaz carbonique (respiration), poussières, allergènes… La réglementation impose pour des raisons sanitaires que le volume d’air d’une habitation soit totalement évacué toutes les 4 à 6 heures en fonction du nombre d’occupants. Une très bonne étanchéité aux entrées et fuites d’air par les encadrements des ouvertures (porte, fenêtre) et les interstices du bâti n’est donc vraiment utile qu’en cas d’utilisation d’une ventilation double flux (avec échange de calories). Des sociétés peuvent réaliser une mesure de la perméabilité à l’air d’une maison par un contrôle d’infiltrométrie ou « blower door test ».
Au chauffage convectif qui stocke l’énergie dans l’air, on préfèrera les émetteurs de chaleur avec un fort taux de rayonnement. On évitera ainsi, d’évacuer massivement les calories avec le renouvellement d’air.
 
La ventilation :
Le renouvellement de l’air est indispensable pour éliminer les polluants, l’humidité et apporter de l’air oxygéné, mais c’est aussi une source de déperdition de chaleur importante. Il existe plusieurs type de VMC (ventilation mécanique contrôlée) obligatoires en construction neuve.
1 – La VMC simple flux expulse vers l’extérieur l’air vicié, ce qui crée une dépression et l’entrée d’air frais par les ouvertures. Les VMC simple flux auto-réglables sont associées à des entrée d’air intelligentes qui équilibrent le débit d’air entre les pièces. Les modèles hygroréglables fonctionnent selon le même principe mais modulent le débit en fonction du taux d’humidité ambiante.
2 – La VMC double flux extrait l’air vicié et apporte l’air frais par double circuit de ventilation qui intègre un échangeur de calories air/air passif. Avec un rendement qui peut atteindre 90%, on élimine la presque totalité des déperditions thermiques dues au renouvellement d’air. Une VMC double flux thermodynamique associe au bloc de ventilation une pompe à chaleur qui optimise la température de l’air injecté dans chaque pièce de la maison. Ces dispositifs sont utilisés dans les maisons passives.
 
Quel type de ventilation choisir ?
Il est conseillé d’installer au minimum une VMC hygroréglable. Une ventilation double flux est 6 fois plus chère, nécessite une isolation hermétique aux entrées d’air, et un raccordement des gaines dans toutes les pièces. Son usage est conseillé sous les climats les plus rigoureux. La ventilation simple flux hygroréraglable est particulièrement adaptée aux logements peu occupés (l’air d’une pièce vide sera moins renouvelé) et lorsque les fenêtres sont souvent ouvertes. Une aération double flux sera avantageusement couplée à un puits canadien (conduit horizontal de 30 m à 2 m sous terre) qui réchauffe naturellement l’air en hiver et le rafraichît en été.
 

Vous pouvez aussi télécharger une enquête, statistiques de résultats DPE réalisés par la CFDI

Voir aussi notre article intitulé : Classement performance énergétique (DPE) selon dates de constructions

 

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