Diagnostic pollution des sols

Avant de décider si un sol contaminé doit être traité, et dans l’affirmative par quelle méthode, plusieurs étapes préalables sont nécessaires. C’est ce que l’on appelle l’analyse de risques.

L’analyse de risques implique de se poser plusieurs questions:
• Quelles sont les teneurs en polluants par rapport au bruit de fond géochimique local (teneurs naturelles, dont la présence est due, pour les éléments métalliques, à l’altération des roches et à la genèse des sols) ? Par exemple, les sols sur roches volcaniques sont naturellement plus riches en arsenic.
• Quelle est la mobilité potentielle du polluant dans le milieu ? Par exemple de faibles concentrations en cadmium dans un sol posent un risque plus grand que pour d’autres métaux car cet élément est très mobile (susceptible d’être remis en solution, lors de faibles variations de la chimie de l’eau induites par les activités humaines).
• Quel est l’usage futur du site ? Les critères de « qualité » du sol seront différents suivant que l’on désire y construire un parking ou une école, que l’on est proche ou loin d’une ressource stratégique en eau souterraine…

La réhabilitation, si elle est jugée nécessaire peut impliquer soit un confinement (membrane, couverture ou paroi étanche, piège hydrogéologique), soit un traitement (sur site ou dans une usine, après excavation). Le traitement peut consister en une remobilisation (les produits toxiques sont entraînés avec de l’eau, qui devra elle même être traitée), en une transformation (pour modifier le produit en un autre moins toxique ou moins mobile) ou encore en une fixation (pour rendre le polluant moins mobile).

Un certain nombre de connaissances rendent d’ores et déjà possibles des études de réhabilitation. Le travail à réaliser (en volume de sols concerné) est tellement vaste, que ce soit en France ou à l’étranger (par exemple en Europe Centrale, dans les futurs pays membres de l’Union Européenne), qu’il est nécessaire d’encore améliorer notre compréhension des processus concernés. Il s’agit tout spécialement des phénomènes de solubilisation/insolubilisation et de transformation à l’interface solide-liquide (sol-eau). C’est un des objectifs de l’équipe « Sols Pollués » du Laboratoire Chimie Bio Inorganique et Environnement de l’UPPA.

Alain BOURG
Laboratoire de Chimie Bio-Inorganique et Environnement
Université de Pau et des Pays de l’Adour – CNRS

 

Le diagnostic des sols pollués
La réhabilitation d’un site pollué est une opération complexe qui intègre plusieurs étapes, à savoir, le diagnostic de pollution, l’évaluation des risques, le choix d’une filière de décontamination, sa mise en oeuvre et le suivi des travaux. Le diagnostic consiste à caractériser l’état du site et doit être le plus détaillé possible. Il comprend essentiellement l’identification des polluants (nature, concentration, origine…) et la détermination des conditions géologiques, physico-chimiques du site. Dans un second temps, il s’agit d’évaluer les risques encourus par la population et l’écosystème. Il faut alors décider s’il est nécessaire ou non d’entreprendre des actions de réhabilitation et, si oui, pour quel traitement opter. Cette décision est complexe, se fait au cas par cas, et doit tenir compte de tous les critères : techniques (nature du polluant, faisabilité etc…), économiques (coût), usage futur du site.

Quand le traitement est mis en œuvre, un suivi des travaux s’impose (évolution de la contamination, traitement des rejets…). Pour répondre à ces besoins, le laboratoire de génie industriel de l’Ecole des Mines d’Alès développe des outils méthodologiques :
• une méthodologie de diagnostic environnemental des sols pollués par des hydrocarbures
• un outil d’évaluation simplifié des risques
• une méthodologie expérimentale de biorémédiation des sols contaminés par des HAP.

Olivier THOMAS
Ecole des Mines d’Alès

 

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