Coordonnateur CSPS

 

Les nouveaux entrants sur les chantiers constituent une population particulièrement exposée aux accidents du travail. Une bonne raison pour mieux les accueillir et les former.

Les statistiques le prouvent: les derniers arrivés sur les chantiers sont souvent les premières victimes d’accidents du travail. Ils sont également touchés par certaines maladies professionnelles, comme les troubles musculo-squelettiques. Intérimaires, nouveaux embauchés, apprentis, sous-traitants sont autant de populations à risque pour les entreprises du BTP. Selon la Caisse nationale d’assurance-maladie des travailleurs salariés (CNAMTS), les salariés de moins de 25 ans sont deux fois plus victimes d’accidents du travail (AT) que les autres. De la même manière, le taux de fréquence moyen d’AT pour les sous-traitants de dernier rang est supérieur de 30% à celui des donneurs d’ordre (statistiques de la Dares). Pour ce qui est des intérimaires, l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) précise que l’accident du travail résulte souvent d’une mauvaise communication entre les trois partenaires que sont l’entreprise, la société de travail temporaire et l’intérimaire.

Les entreprises du BTP sont pourtant tenues par le Code du travail de former à la sécurité les travailleurs qu’elles utilisent, y compris les stagiaires ou les intérimaires. Ainsi, l’article D. 4154-1 du Code du travail liste les tra-vaux interdits aux personnes embauchées à durée déterminée et aux intérimaires. A l’égard des sous-traitants, parfois mandatés pour effec-tuer des tâches subalternes, comme de la manutention manuelle, l’entreprise a plusieurs devoirs: inspecter les lieux de travail, établir un plan de prévention adapté, organiser une ou plusieurs réunions sur le thème de la prévention avec les entreprises concernées… «La responsabilité civile et/ou pénale de l’entreprise utilisatrice peut-être engagée en cas de faute ayant entraîné un accident du travail touchant des jeunes, des intérimaires, des stagiaires ou même des sous-traitants», précise Sandy Basile, responsable de l’information juridique à l’INRS.
Former des tuteurs pour accueillir les nouveaux
«Pour le moment, ce sont sur-tout les grandes entreprises qui s’astreignent à ces bonnes pratiques en matière d’accueil des nouveaux entrants, les plus petites se contentant souvent d’une démarche informelle », observe Georges Girardi, chef de projet forma-tion à l’OPPBTP. L’organisme de prévention propose donc des livrets d’accueil aux entreprises ainsi qu’une démarche d’intégration et d’accueil (Diana BTP). Il est également possible de former, au sein de l’entreprise, des tuteurs dont le rôle sera d’accueillir et en¬cadrer les nouveaux entrants sur les chantiers.

Rédiger un livret d’accueil pour les nouveaux entrants
«Nous pratiquons les deux métiers les plus dangereux du bâtiment! » estime Franck Catoire, gérant de l’entreprise éponyme (charpentier-escaliéteur, 20 salariés, Yonne). La formation des nouveaux entrants est donc un axe important de la politique de l’entreprise. «Nous les accueillons à l’aide d’un livret informatif, réalisé il y a quelques années à l’occasion d’une démarche de fidélisation des salariés, menée avec le conseil régional». Plusieurs consignes de sécurité y sont répertoriées : les obligations en vigueur sur les chantiers, les équipements de protection individuelle (EPI) à porter, les indications en termes de protections collectives… Et de manière plus générale, toutes les informations susceptibles d’intéresser le nouveau venu, telles que le type de travaux effectués par l’entreprise ou la connaissance de sa hiérarchie. «Aujourd’hui, les compagnons qui viennent chez nous sont satisfaits de l’accueil, car ce livret répond aux questions qu’ils se posent en arrivant. Ils se sentent mieux, connaissent rapidement leur chef d’équipe, savent à qui s’adresser en cas de problème.» Par ailleurs, Franck Catoire forme régulièrement des salariés au tutorat pour accueillir et encadrer tout nouvel entrant.

 

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